Le service d'image de Twitter a été attaqué par la SEA
Le service d'image de Twitter a été attaqué par la SEA © radio-france / Copie d'écran

Une autre bataille se livre en Syrie. Loin des coups de feu et des bombardements, elle se déroule sur internet. Des hackers pro-Assad partent à l’attaque des médias internationaux et organisent une propagande millimétrée.

La liste des victimes est longue : le New York Times, le Washington Post, le Financial Times, le Guardian, le Huffington Post, Twitter, 60 Minutes, la BBC, Al-Jazeera English, Associated Press, l’AFP…

Tous victimes d’un groupe de hackers pro-Assad qui harcèle les médias internationaux :

Un travail de professionnels

Le site internet du New York Times a été perturbé pendant près d'une journée .

Une attaque sans précédent :

Notre site lui-même n'a jamais été en panne. Les perturbations sur le site nytimes.com ont été le résultat d'une attaque informatique extérieure sur notre registre de nom de domaine, qui a alors redirigé beaucoup d'utilisateurs du site vers une mauvaise adresse. (Eileen Murphy, porte-parole du New York Times)

Une cyber-attaque très sophistiquée. Il faut dire que ce groupe de hackers bénéficie des moyens militaires et financiers du gouvernement syrien , selon plusieurs spécialistes.

Le réseau social Twitter , qui utilise le même registre de nom de domaine, a lui aussi fait l'objet d'une attaque de la SEA sur son service d'images twimg.com, même si son site principal n'était pas perturbé. "Aucune information d'utilisateur de Twitter n'a été atteinte ", commente le réseau social.

Des conséquences importantes

Les cyber-attaques des hackers syriens ont plusieurs objectifs : montrer sa puissance aux forces occidentales , notamment celles qui pourraient s’engager militairement dans le conflit, et provoquer l’instabilité .

Ainsi, l'Armée électronique syrienne s'est déjà illustrée ces derniers mois en piratant notamment le compte Twitter de l'agence de presse américaine Associated Press, avec un faux tweet indiquant que le président Barack Obama avait été blessé dans deux explosions à la Maison Blanche . Les bourses avaient alors plongé, perdant en peu de temps plus de 100 milliards de dollars en valeur, avant de se rendre compte que le tweet était un faux.

Autre but de la SEA : faire circuler un message de propagande . L’image d’une Syrie seule mais unie contre les Etats-Unis et ses alliés.

Qui sont ces soldats du net ?

Ces hackers pro-Assad seraient des "Syriens qui veulent défendre leur pays contre une campagne médiatique faite de mensonges et de reportages fabriqués", __ comme ils le proclamaient en mai dernier sur le site du Daily Dot.

Une chose semble sûre, les leaders de la SEA seraient très jeunes comme "Th3 Pr0 ", qui se présente sur son blog (impossible d’y accéder depuis le 29 août) comme un "un hacker syrien de 19 ans" , "fier d'être pro-Assad" .

Une photo circule sur internet, le dénonçant ou le glorifiant, selon le groupe qui la publie.

Des hackers syriens à la détermination sans limite :

Il n'y a plus que quelques réseaux sociaux qui n'ont pas été touchés, et nous ne manquerons pas de leur rendre visite prochainement. En cas d'intervention militaire américaine, nos objectifs seront différents. (porte-parole de la SEA)

Prochaine étape ?

Si les Etats-Unis et ses alliés intervenaient militairement contre la Syrie, ce serait la première fois qu'ils s'en prendraient à un pays à même de mener une cyber-attaque contre des objectifs américains .

Un tel risque est amplifié par l'alliance qui unit Damas à l'Iran, pays qui a développé ses propres capacités dans le cyber-espace au cours des trois dernières années. La menace pesant sur les Etats-Unis s'en trouverait sensiblement accrue.

Selon les experts, l'Iran a accru ses cyber-capacités depuis que les Etats-Unis ont attaqué le programme nucléaire de Téhéran avec le virus informatique Stuxnet. D’autre part, l’Iran a infiltré des compagnies pétrolières occidentales et pourrait chercher à détruire des données, bien que cela soit de nature à augmenter le risque de représailles américaines.

Les serveurs de l'Armée électronique syrienne sont hébergés par la Russie , et l'alliance entre Moscou et Damas pourrait se renforcer en cas d'aggravation des tensions autour de la Syrie. Et la Russie dispose de cyber-capacités pratiquement aussi importantes que les Etats-Unis...

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