Une rue du centre de Sofia, en Burlgarie
Une rue du centre de Sofia, en Burlgarie © Radio France / Konstantin

Depuis que la monnaie unique est menacée, la Bulgarie est moins pressée de faire son entrée dans la zone euro. Son Ministre des finances, Siméon Djankov, l’a exprimé le 3 septembre dans le Wall Street Journal : "Actuellement, je ne vois aucun bénéfice à entrer dans la zone euro, seulement des coûts[...] C'est trop risqué pour nous et il n'est pas évident de savoir quelles sont les règles et ce qu'elles seront dans un an ou deux."

Le pays le plus pauvre de l’Union Européenne (UE) est aussi le moins endetté. Avec une croissance de 1,7 en 2011 (et 1,5 prévue pour l’année prochaine), elle s'en sort plutôt bien, surtout quand on compare avec ses voisins du sud de l'Europe. Une monnaie nationale forte, un déficit budgétaire réduit à 2,1 % (obtenu par une baisse drastique des retraites et des salaires dans le secteur public)... Les critères budgétaires de l’UE sont tout à fait respectés. Le chômage a augmenté pour atteindre un peu plus de 12 % mais cela ne représente que la moitié du taux de chômage de la Grèce et de l’Espagne. Avec ces chiffres honorables, le Premier ministre, Boïko Borisov se permet même de faire la leçon aux autres pays d'Europe, qui n'auraient pas le courage de prendre les "décisions difficiles" qui s'imposent.

Cette prudence face à la crise de la dette européenne avait déjà conduit certains autres pays de l'est comme la Lettonie, la Lituanie ou encore la Pologne à modérer leurs ardeurs quant à une éventuelle intégration à l'Union économique et monétaire (UEM). Le premier ministre lituanien, une semaine auparavant, affirmait que son pays rejoindrait la monnaie commune seulement quand "l'Europe [serait] prête".

La Bulgarie comme la Pologne, font également face à une opinion publique de plus en plus défavorable à une entrée dans l'euro. Dans une interview au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung , le premier ministre polonais Radoslaw Sikorski a déclaré : "Nous sommes prêts à adhérer à l'euro, quand vous aurez résolu vos problèmes et quand nous pourrons dire à notre peuple, 'maintenant on peut adhérer sans danger'".

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