C’était l’une des promesses de campagne de François Hollande, la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire de France. Le conseil d’administration d’EDF se prononce ce jeudi.

Le conseil d'administration d'EDF doit se prononcer sur le sort de la centrale de Fessenheim ce jeudi
Le conseil d'administration d'EDF doit se prononcer sur le sort de la centrale de Fessenheim ce jeudi © Maxppp / Patrick Seeger

Le conseil d’administration d’EDF doit voter ce jeudi l’approbation de la demande d’abrogation d’exploiter la centrale, autrement dit, la possibilité de fermer la doyenne des centrales françaises. Les trois conditions posées par EDF pour enclencher cette fermeture sont désormais remplies : l’absence d’opposition de la Commission européenne sur l’accord d’indemnisation à EDF, l’autorisation de poursuivre la construction de l’EPR de Flamanville et la possibilité de continuer à exploiter le réacteur 2 de la centrale de Paluel en Seine-Maritime. Pour autant, il n’est pas dit que le conseil d’administration d’EDF approuve la fermeture ce jeudi.

L'issue du vote incertaine

Le gouvernement espère signer le décret pour préparer l’arrêt de Fessenheim avant la fin du mandat de François Hollande, ce qui permettrait au chef de l’Etat de tenir sa promesse de campagne.

De son côté, EDF cherche à gagner du temps à trois semaine de la présidentielle. La fermeture de la centrale est considérée comme une décision "purement politique" par la CGT et est contestée en interne. La centrale génère 2 000 emplois directs et indirects, dont 850 salariés sur le site de Fessenheim.

L’issue du vote dépendra des six administrateurs indépendants, dont celui du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, dont la voix compte double. Six administrateurs salariés d’EDF s’opposent à la fermeture et les six derniers, représentants de l’État, ne prennent pas part au vote en raison d’un conflit d’intérêt.

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Plus de 250 salariés du site de Fessenheim ont prévu de manifester ce jeudi avenue de Wagram à Paris, au siège d’EDF pour protester contre la fermeture envisagée du site.

Une fermeture à l’horizon 2019

S’il est acté, l’arrêt de la centrale de Fessenheim ne se fera pas avant 2019, le temps que l’EPR de Flamanville actuellement en construction soit mis en service. L’Autorité de sûreté nucléaire ne donnera son feu-vert sur la conformité de la cuve de Flamanville que l’été prochain.

Qu’en disent les candidats à l'élection présidentielle ?

Tous ne sont pas pour la fermeture de la centrale de Fessenheim. Mise en service en 1977, Fessenheim est la plus ancienne centrale nucléaire française, située sur une faille sismique, ce qui inquiète les écologistes. Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou se prononcent pour la fermeture de la centrale. Emmanuel Macron propose l’arrêt de Fessenheim une fois l’EPR de Flamanville mis en service. Jacques Cheminade et Marine Le Pen s’opposent à toute fermeture. Quant à Nicolas Dupont-Aignan et François Fillon, ils n'évoquent pas directement le sort de Fessenheim dans leur programme mais entendent moderniser le nucléaire.

Les centrales nucléaires en France
Les centrales nucléaires en France © Visactu
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