La Cimade tire la sonnette d'alarme. Pour l'association, le nombre de migrants arrêtés et enfermés dans les centres de rétention administrative en France est en train d'exploser. En cause, notamment, une circulaire de Gérard Collomb demandant aux préfets une plus grande fermeté.

Centre de rétention administrative de Coquelles
Centre de rétention administrative de Coquelles © Maxppp / BRIDE EDOUARD

Le nombre d'étrangers en situation irrégulière arrêtés puis enfermés dans les centres de rétention administrative (CRA) en France a presque doublé. Une explosion constatée par La Cimade, une association qui intervient dans 8 CRA en France. Entre le 2 octobre et le 8 novembre, 1058 personnes y étaient enfermées, contre 569 l'année dernière. 

Une inflation qui aurait pour origine le double meurtre de la gare Saint Charles de Marseille début octobre. 

Le Ministère de l'intérieur a très peu apprécié que l'auteur des coups de couteaux mortels ait été arrêté puis relâché la veille de son passage à l'acte. Le préfet du Rhône en avait fait les frais et avait été limogé dans la foulée.

Gérard Collomb demande "la plus grande fermeté"

Mais Gérard Collomb ne s'est pas arrêté là et selon La Cimade, le Ministre de l'intérieur a envoyé une circulaire aux préfets pour leur demander "la plus grande fermeté" envers les étrangers en situation irrégulière. Comprendre : enfermer et expulser autant que possible.  

Une situation que l'association déplore, d'autant que, selon son secrétaire général Jean-Claude Mas, elle laisse croire à l'existence d'un lien entre immigration et terrorisme : 

On assiste à une forme de chasse aux personnes sans-papiers sous couvert de lutte anti-terroriste, alors que la question de l'immigration n'a rien à avoir avec la question du terrorisme. 

"Ce n'est pas parce que l'auteur de l'attaque à Marseille n'avait pas de papiers, qu'il faut faire un amalgame entre toutes les personnes dans cette situation là", renchérit Jean-Claude Mas.

La Cimade craint que la situation de ces dernières semaines préfigure l'avenir et que le gouvernement maintienne une forte pression sur les préfectures et la Police en terme d'enfermement des sans-papiers : 

Une telle politique risque, en s'accélérant et en s'accentuant, de produire des effets de maltraitance sur les personnes qui sont enfermées et surtout, un certain nombre de violation des droits, puisqu'on va enfermer tous azimuts.

Une politique que Gérard Collomb a mis en place en plein accord avec Emmanuel Macron. Mi-octobre, le Président de la république avait rappelé dans un discours sa volonté de reconduire les étrangers en situation irrégulière "de manière intraitable".

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