Rassemblement après le troisième essai nucléaire nord-coréen
Rassemblement après le troisième essai nucléaire nord-coréen © Reuters / KCNA

La Corée du Nord a franchi un pas supplémentaire dans sa rhétorique hostile aux Etats-Unis en les menaçant d'une attaque nucléaire préventive. Le régime communiste de Pyongyang a affirmé qu'il exercerait son droit à une telle attaque, au cas où il aurait besoin de se défendre, écrit l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. "Etant donné que les Etats-Unis sont sur le point de déclencher une guerre nucléaire, nous exercerons notre droit à une attaque nucléaire préventive contre le quartier général de l'agresseur, afin de protéger nos intérêts suprêmes", a déclaré le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans un communiqué cité par KCNA. Un grand rassemblement militaire a été organisé jeudi dans la capitale, comme pour appuyer ces menaces.

L'Etat communiste a procédé à la mi-février à son troisième essai nucléaire depuis 2006 - essai interdit par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce dernier a justement adopté jeudi une résolution qui étend les sanctions contre la Corée du Nord, en représailles au troisième essai nucléaire mené par ce pays le 12 février.Le nouveau texte prévoit de frapper durement les circuits de financement des autorités de Pyongyang et les livraisons de marchandises interdites par les précédentes résolutions du Conseil de sécurité. La résolution a été approuvée à l'unanimité des quinze membres du Conseil, après trois semaines de négociations entre les Etats-Unis et la Chine. Le secrétaire général de l'Onu, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, a salué ce vote qui "adresse un message sans équivoque" à la Corée du Nord, afin qu'elle comprenne que "la communauté internationale ne tolérera pas qu'elle se dote d'armes nucléaires".

La Corée du Sud toujours dans le viseur

Signe d'une escalade dans sa rhétorique, Pyongyang s'est déclaré cette semaine prêt à dénoncer l'armistice signé en 1953, qui a mis fin à trois années de guerre avec la Corée du Sud, si les manoeuvres militaires conjointes annuelles des armées sud-coréenne et américaine ne cessent pas. La Corée du Nord estime que Washington se sert de ces manoeuvres en Corée du Sud comme d'un tremplin pour lancer une attaque nucléaire et conventionnelle contre son territoire, et elle a déjà menacé de procéder à de nouveaux essais nucléaires en réplique aux nouvelles sanctions prônées par Washington. Le ministère sud-coréen de la Défense a déclaré jeudi que le Nord menait en ce moment des manoeuvres militaires d'une ampleur inhabituelle, à l'échelle de son territoire. La Corée du Sud et les Etats-Unis mènent depuis le 1er mars des manoeuvres annuelles conjointes vivement contestées par Pyongyang. "Il n'est pas fréquent que le Nord conduise des exercices militaires au niveau national", a dit Kim Min-seok, porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense. "Le Nord conduit actuellement divers exercices sur terre, sur mer et dans les airs." "Nous observons les activités du Nord et renforçons notre vigilance sachant que ces manoeuvres peuvent à tout moment déboucher sur une provocation", a-t-il ajouté. Il n'a pas confirmé l'instauration par le Nord, annoncée par l'agence de presse Yonhap dans la journée, de zones d'interdiction de survol et de navigation au large de ses côtes, qui pourrait préluder à des tirs de missiles de courte portée.

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