La période de grâce n'aura pas duré : l'été s'est révélé meurtrier pour la popularité d'Emmanuel Macron et du gouvernement Édouard Philippe, révèle le dernier baromètre Odoxa.

L'image de l'exécutif est écornée par la réforme du code du travail et des mots malheureux d'Emmanuel Macron.
L'image de l'exécutif est écornée par la réforme du code du travail et des mots malheureux d'Emmanuel Macron. © AFP / MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS

Emmanuel Macron rejoint ses prédécesseurs dans l’abîme de la popularité. En deux mois, le chef de l’Etat, qui était apprécié par 58% des Français en juin, est désormais désavoué par plus d’un sur deux : 56% de nos compatriotes estiment qu’il est un « mauvais président » de la République. Pour mémoire, note Odoxa dans son baromètre mensuel, les opinions négatives sur François Hollande avaient pris le dessus à la fin du mois de septembre qui avait suivi son élection.

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Ce record n’est pas sans conséquence sur le reste de l’exécutif. Edouard Philippe est considéré par 53% des Français comme un « mauvais Premier ministre », soit 11 points de plus qu’avant l’été. Nicolas Hulot, s’il reste la personnalité politique préférée des Français, enregistre une baisse spectaculaire de 10 points. Bruno Le Maire, Jean-Yves Le Drian et Christophe Castaner, eux, reculent de 3 points par rapport à juin.

Inversion des soutiens

Ce revirement de l’opinion se traduit aussi par une inversion des soutiens, explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa :

Elu davantage par l’électorat de gauche que par celui de droite, Emmanuel Macron est aujourd’hui bien davantage soutenu par les sympathisants de droite (59% de jugements positifs) que par ceux de gauche.

La conséquence, sans doute, du vote des ordonnances sur le code du travail et de, note Odoxa, de mots malheureux, sur les « fainéants » notamment, très critiquées par les électeurs de gauche.

L’opposition concentrée

L’opposition recrute-t-elle pour autant les déçus de la majorité ? Pas vraiment, révèle Odoxa, qui voit Marine Le Pen reculer de 3 points et Xavier Bertrand de 5 points ce mois-ci. Mais dans la contestation de l’action gouvernementale, il n’y a pas que des perdants : Jean-Luc Mélenchon enregistre 32% d’opinions favorables et devient, c’est inédit, la deuxième personnalité politique préférée des Français.

Logiquement, note Odoxa, dans la perspective des sénatoriales de dimanche, près des deux-tiers de nos concitoyens (64%) disent ne pas souhaiter que « La République en marche dispose d’une majorité au sénat ».

Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet les 13 et 14 septembre 2017. Echantillon de 992 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, parmi lesquelles : 236 sympathisants de gauche, 139 sympathisants En marche, 124 sympathisants de droite hors FN et 187 du FN. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

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