PARIS (Reuters) - Le comité d'entreprise de la RATP a été épinglé par la Cour des comptes pour mauvaise gestion et des soupçons de détournement de fonds, ce qui pourrait conduire à des poursuites judiciaires.

Des irrégularités dans les contrats, une gestion problématique, la disparition de certains fonds sont mis au jour par la Cour des comptes pour des montants de plusieurs millions d'euros, dans un rapport dévoilé par Le Parisien mardi, dont la direction de l'entreprise a ensuite confirmé la teneur.

Le comité d'entreprise de la RATP épinglé par la cour des comptes, par Sara Ghibaudo :

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Inter treize - Ratp

Le rapport a été transmis au ministère de la Justice. La direction de la Régie autonome des transports parisiens précise dans un communiqué qu'elle n'a pas le pouvoir de contrôler son CE, géré par des membres élus des syndicats.

"La direction générale ne peut que se réjouir d'une plus grande transparence des comptes des organismes sociaux qu'elle finance au profit de tous les salariés de l'entreprise", dit-elle dans un communiqué.

Le secrétaire CGT du CE de la RATP, Jean-Michel Hurault, a nié toute fraude. "Il n'y a pas de surfacturations et il n'y a pas de malversations", a-t-il dit sur TF1.

La CGT, premier syndicat français et majoritaire dans la RATP, contrôle son CE. Créé en 1947, le comité d'entreprise de la RATP, qui emploie 45.000 personnes, reçoit 53 millions d'euros de subventions par an et emploie 600 personnes, ce qui en fait le cinquième plus riche de France.

Selon Le Parisien, la Cour des comptes dénonce une absence de comptabilité, une non-mise en concurrence pour certains marchés conduisant à des soupçons de malversations, des privilèges pour les salariés les plus aisés dans l'accès aux 41 centres de vacances ou encore des surfacturations ou doubles facturations.

Il est question aussi de gaspillages comme 280.000 euros de repas non consommés dans des automates jetés en trois ans alors qu'ils pouvaient être redistribués. Les conditions de travail et les normes d'hygiène sont en outre critiquées.

Ce n'est pas la première fois qu'un comité d'entreprise important est épinglé. Celui d'EDF est depuis des années l'objet de poursuites judiciaires où est soupçonné un financement frauduleux des syndicats, et peut-être de partis politiques.

La direction de la RATP, dans son communiqué émis mardi, formule plusieurs propositions pour prévenir à l'avenir de telles dérives: obligation de certification des comptes des comités d'entreprise par des commissaires indépendants, séparation des comptes de fonctionnement et des dépenses sociales et introduction d'appels d'offres obligatoires pour certains marchés même relativement petits.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

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