Selon Dominique Gevrey, ce n’est qu’à l’issue d’une réunion le mercredi 5 janvier 2011, vers 19 h 00, au siège de Renault que la décision a été prise de saisir la DCRI, les services de renseignements français.

« Tixador et moi étions revenu de notre périple genevois vers 18 h 00, explique Gevrey. Cette réunion avait pour but de faire un compte-rendu de ce voyage et d’envisager la suite à donner. C’est lors de cette réunion qu’a été décidé le dépôt de plainte à l’encontre des 3 cadres. Tixador et moi avons assisté à une surenchère de ‘‘ dires ’’ afin de briller devant Pelata. Il est à noter que par la suite, Coudriou (que Pagnie ne trouvait pas à la hauteur) a pris ces distances avec Pagnie et Husson.

Ce triumvirat qui depuis de nombreuses semaines (un peu moins pour Husson qui n’a été mis dans la boucle qu’en octobre, je crois) se mettait en avant auprès du Président et de Pelata, donnait ce soir là le bouquet final de leur feu d’artifices.

« Nous allons voir le Squale [le surnom de Bernard Squarcini, le patron de la DCRI] (), il va nous suivre sans problème », dixit Husson. « Oui, le Squale est préfet de police de Paris (), il va nous recevoir, et ensuite nous verrons Bajolet [Bernard Bajolet, coordinateur national du renseignement, actuellement ambassadeur de France en Afghanistan] à l’Elysée. Il faudra en parler également à la DGSE () », dixit Pagnie.

« Je n’ai pas tout mémorisé, mais c’était irréaliste, un grand moment d’anthologie ou ce triumvirat s’est totalement lâché pour montrer leur connaissance du monde du renseignement et du monde politique.

Me concernant, j’ai suggéré que l’on prenne avant attache avec le fonctionnaire de la DCRI dévolu au groupe. Qu’il fallait respecter la voie hiérarchique et ménager les susceptibilités de tout un chacun car ce ne serait pas Squarcini qui viendrait faire l’enquête sur le terrain. La décision fut prise (à contrecœur par les trois) de prévenir ce fonctionnaire, conjointement avec la prise de rendez-vous auprès de Squarcini. »

(*) « Le préfet Squarcini est surnommé le ‘‘ Squale ’’ par un tout petit nombre de proches. Ce qui n’était pas le cas des intéressés. Tout était bon pour démontrer que l’on maîtrisait le dossier et pour se faire valoir. »

(**) « Tixador fit remarquer à Pagnie que Squarcini était le Préfet de la DCRI et non le Préfet de police de Paris. Cette remarque devant Pelata a profondément choqué Pagnie qui m’en fit part un mois après. La défiance de Pagnie envers Tixador avait commencé depuis décembre 2010. »

(***) « Au cours de l’entretien du lundi 14/03/2011, j’ai fait remarquer à Pagnie que je ne comprenais pas que la DGSE soit dans la boucle (filature Bruxelles ?). Si besoin était, c’était à la DCRI de se rapprocher de ce service pour une recherche conjointe du renseignement. Pagnie me répondit qu’il avait été ‘‘ convoqué ’’ par eux. Comment la DGSE peut convoquer quelqu’un d’une entreprise privée ? »

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