Le calendrier avancé par Silvio Berlusconi n’a pas réussi à rassurer les marchés financiers. Le président de la république italienne, Giorgio Napolitano, a donc pris les choses en main pour sortir le pays de l’impasse économique. Il a annoncé une série de mesures et espère ainsi montrer la bonne volonté de l’Italie alors que la situation économique du pays s'est sérieusement aggravée en un an.

La pente sur laquelle se trouve l’Italie devient dangereuse. Pendant longtemps, la dette publique du pays n’avait pas l’air d’inquiéter ses dirigeants : 1.900 milliards d’euros, soit 120% du PIB.

Mais aujourd’hui, l’Italie doit faire face à des problèmes très concrets. Pour emprunter de l’argent sur les marchés, l’Etat doit payer environ 7% d’intérêts sur 10 ans. Du jamais vu. C’est même un seuil considéré comme critique. Arrivé à ce niveau, la Grèce et le Portugal avaient été obligés de se retirer des marchés financiers pour demander une aide internationale sous forme de prêts.

Les taux d'intérêts italiens sur 10 ans
Les taux d'intérêts italiens sur 10 ans © Radio France

En quelques mois, l’Italie se retrouve donc sur la liste des pays en difficultés. Alors qu’il y a un an, la

situation n’avait encore rien de critique. Le 10 octobre 2010, l’Italie empruntait encore de l’argent à « seulement » 3,66% sur 10 ans. Aujourd’hui c’est quasiment le double.

Et comme en économie tout est lié, l’Italie doit aussi faire face à une croissance molle : + 1,3%. Le déficit budgétaire est de 4,6% (le pacte de stabilité européen fixe la limite à 3% du PIB). Et le taux de chômage est au dessus de 8%.

Devant cette situation inquiétante, les agences de notation ont rapidement abaissé la note de la dette souveraine de Rome. Mi-septembre, Standard & Poor’s dégaine en premier. Suivi de Moody’s qui se justifie par « les risques et le temps dont aura besoin le gouvernement pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit et pour inverser la tendance de la dette publique en raison des incertitudes économiques et politiques ». Dans la foulée, l’Agence Fitch abaisse également d’un cran la note de la dette.

La pression internationale s’accentue

Malgré les annonces de réformes et trois plans d’austérité en un an, Silvio Berlusconi ne rassure pas sur le redressement du pays. Au contraire, l’Italie fait peur. A tel point que plusieurs pays européens mettent la pression sur le dirigeant italien.

Lors d’un sommet à Bruxelles en octobre dernier, l’Italie se fait rappeler à l’ordre par le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy. Puis lors d’une réunion avec Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel. La déclaration finale fait même clairement référence aux problèmes italiens en parlant de "l'obligation pour les États de mettre en œuvre les recommandations en matière de politique budgétaire et de réformes structurelles".

Car l’Europe ne peut pas se permettre un défaut de la part de la troisième économie de la zone euro. Contrairement à la Grèce, l’Italie ne pourra pas être aidée par le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF). Une inquiétude qui a traversé l’Atlantique. Récemment les Etats-Unis ont appelé Rome à accélérer les réformes budgétaires et structurelles. Une inquiètude partagée par les journaux italiens.

La revue de presse italienne du 10 novembre, par Mathilde Auvillain

Les mois à venir vont être cruciaux. Même si les besoins de financements de l'Italie sont modestes pour les deux mois à venir. Le pays devra rembourser 150 milliards d'euros de dette entre les mois de février et d'avril 2012.

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