Nombreuses mais petites

Des centaines d’araignées nous entourent, nous ne les remarquons pas car elles dépassent rarement le centimètre, pattes comprises. Le visiteur prend conscience de cette densité dès l ’entrée de l ’expositiongrâce à un dispositif ludique : une trace de pas dans la lande bretonne, le 22 septembre à 10h. Les victimes sous la chaussure sont innombrables. Chaque bouton du dispositif informe sur leur nombre :49 araignées dont la majorité ne mesurent que quelques millimètres - une quarantaine de fourmis - 44 coléoptères (scarabées et coccinelles) - 1370 collemboles (ce sont de petits arthropodes, de 2 à 3 mm en moyenne, en très grand nombre à la sur face du sol)… et chez les acariens, c ’est l ’hécatombe (17 340 victimes), l a plupart ne sont pas visibles à l’oei l nu.

Présentes dans tous les milieux

L’ordre des araignées compte une variété infinie d ’espèces : 1 650 en France, 5 700 en Europe et autour du bassin méditerranéen ; un peu plus de 41 000 dans le monde, sans compter toutes celles que l ’on ne connaît pas encore, surtout dans les zones équatoriales et tropicales, qui concentrent le plus grand nombre d’espèces. Les araignées ont colonisé tous les milieux terrestres, même si elles sont plus rares dans les environnements extrêmes et sans doute absentes des calottes polaires.On les trouve à toutes les altitudes, dans les montagnes et aussi dans l ’atmosphère, lorsqu’elles se laissent porter par les courants aériens, suspendues à un fil.Certaines araignées vivent au sol, d ’autres dans les hautes herbes, quelques-unes occupent la cime des arbres. Certaines espèces vivent recluses dans des grottes et une seule vit sous l ’eau : l ’argyronète (Argyroneta aquatica ). Pour pouvoir respirer, elle construit une petite cloche de soie et y emprisonne des bulles d ’air qu ’elle ramène de la surface, coincées dans ses poils.

Araneusalsine
Araneusalsine © Bernard Le Garff

Déjà là bien avant les dinosaures

Les Arthropodes ont colonisé la terre ferme il y a plus de 500 mi l l i o n s d’années. Les premiers fossiles connus d ’araignées - au sens actuel de la classification - ont quelque 390 millions d ’années. Les araignées ont laissé peu de traces dans la pierre, car leur corps n’est pas assez résistant. En revanche, un grand nombre d ’entre elles, emprisonnées dans l ’ambre (résine d ’arbre qui a durci et s’est fossilisée), sont par venues jusqu ’à nous.Des reproductions de fossiles témoignent de cette longue histoire, par exemple celle d ’une petite araignée de 6 mm. Découverte dans le nord des Vosges, Rosamygale grauvogeli est la plus ancienne représentante connue du groupe des mygales (elle date de 240 mi l l i o n s d ’années).

Toutes les araignées ne se ressemblent pas

Multiformes et multicolores. Les araignées sont aussi diverses que les milieux qu ’elles occupent. La forme du corps varie : ronde, allongée, avec des épines ou encore en forme de feuille. Les pattes peuvent être longues et fines, comme chez le pholque, commun dans nos habitations, ou au contraire courtes et trapues comme chez les araignées sauteuses. Si les araignées sont souvent de couleurs sombres, plusieurs dizaines d’espèces françaises arborent des couleurs vives : jaune, vert ou rouge. Le bleu est réser vé à certaines espèces exotiques. L’exposition présente ainsi des araignées de toutes tailles, multicolores et multiformes, dont beaucoup ne sont pas aussi laides qu ’on veut bien le dire. Certaines d’entre elles, parmi les plus surprenantes, sont reproduites en résine à l'échelle 10.

Eresuscinnaberinus
Eresuscinnaberinus © Bernard Le Garff

Les mygales ne sont pas toutes grosse

L’image de la mygale noire et velue cristallise les peurs. Le groupe des mygales compte quelques beaux spécime n s : l ’énorme Theraphosa blondi peut atteindre, toutes pattes dehors, 30 cm d ’envergure. Mais toutes les mygales — il existe environ 2500 espèces très différentes — ne sont passi grosses, certaines sont petites comme l ’Atypus affinis (autour du cm), fréquente sous nos latitudes. Un spécimen naturalisé de cette tisseuse de toiles tubulaires dans des terriers est présenté dans l ’exposition.Quant à la Tarentule, ce n’est pas une grosse mygale, mais une araignée-loup qui a été découverte dans la région de Tarente en Italie. D’après la légende, sa morsure provoquait des crises de démence. Pour soigner la victime, tout le village devait danser une tarentelle (à écouter dans une boîte à musique). Un antidote joyeux qui ser vait de prétexte pour organiser des fêtes, autrement interdites par le pouvoir religieux.

Ces araignées qui n'en sont pas

Pour mettre au clair l ’ordre des araignées (les Aranéides), l ’exposition présente leurs proches cousins, ce qu’ils ont en commun et leurs différences : les faucheux, les acariens (comme l ’“araignée” rouge) et les scorpions qui ont aussi 8 pattes mais n’ont pas de filières.Quant aux faux amis qui n’ont d’araignée que le nom, ils sont nombreux : l ’araignée d ’eau (c’est un insecte, une punaise à 6 pattes), l ’araignée de mer (c’est un crustacé avec 10 pattes), l ’araignée de cuisine (c’est un égouttoir) ou l ’araignée chez le boucher (un morceau de choix de viande de boeuf).

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