Comme la plupart des pays de la zone euro, les États-unis sont confrontés à une dette exponentielle qui a failli mettre le financement du pays en danger. Un accord politique a été trouvé le 1er août pour relever le plafond de la dette américaine et éviter un défaut de paiement.

État des lieux : la dette des États-unis s'élève à plus de 14.000 milliards de dollars (un peu moins de 10.000 milliards d'euros) soit 100% du PIB du pays. A titre de comparaison, la dette française s'élève à 1.646 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2011.

L'économiste Philippe Dessertine analyse le risque de récessions aux Etats-Unis :

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La dégradation de la note américaine : le 5 août est un jour historique pour l'économiqe américaine. Pour la première fois depuis sa création en 1941, l'agence Standard and Poor's a dégradé la note attribuée à l'économique du pays : elle passe de AAA à AA+. Peur des marchés, pression des créanciers au premier rang desquels se place la Chine, la crédibilité économique de l'État américain vacille.

Les scénarios possibles après la dégradation de la note américaine par l'agence Standard and Poor's / Pierre-Yves Dugua :

PartagerLe plafond autorisé : la loi américaine impose au gouvernement de consulter le Congrès s'il a besoin de relever le plafond de la dette. Depuis les années Reagan (1980-1988), le Congrès a relevé 39 fois le plafond. Depuis 10 ans, le rythme de rélèvement de la dette s'est accéléré avec 11 relèvements, le niveau de la dette étant passé de 5.950 milliards de dollars à 14.294 milliards. Barack Obama a sollicité quatre fois le Congrès pour permettre aux États-Unis d'honorer ses factures. En cas de désaccord, les conséquences pour le pays seraient terribles : les fonctionnaires ou les vétérans ne pourraient par exemple plus être payés, les créanciers étrangers ne pourraient plus être remboursés et la note des États-unis pourrait être dégradée. Depuis près d'un siècle, les États-unis ont une note inamovible de AAA.

Les démocrates et les républicains s'accordent sur un rééchelonnement du plafond de la dette / Pierre-Yves Dugua :

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Un accord politique : le débat entre républicains et démocrates sur le rélèvement de la dette a inquiété les marchés pendant une dizaine de jours fin juillet. Les républicains, majoritaires au Congrès refusaient de relever le plafond si les démocrates, à la tête de l'État fédéral n'appliquaient pas un plan de réduction des dépenses important. L'accord est tombé dans la nuit du 31 juillet. Comme le voulait Barack Obama, Il prévoit une augmentation du plafond de 2.100 milliards de dollars, une hausse suffisamment conséquente pour que le Congrès ne soit pas sollicité avant 2013. Les dépenses publiques sont en baisse de 900 à 1.000 milliards de dollars sur les 10 prochaines années. Cette baisse doit être réévaluée par une commission bipartisane du Congrès qui doit remettre un rapport avant la fin novembre. En revanche, les impôts ne seront pas augmentés, comme le voulait les républicains. Ce point doit être rediscuté par la commission bipartisane qui doit remettre un rapport au Congrès. Une fois ce rapport consulté, les parlementaires devront voter les recommandations après amendement. Les discussions sur l'augmentation de l'impôt, la remise en cause de l'assurance-santé pour les retraités et les plus pauvres ou encore la réduction du budget de la défense n'ont pas fini d'alimenter le débat politique aux États-Unis.

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