La dette de vie « Un homme ne peut mourir qu’une fois. Nous devons une dette à Dieu... Celui qui meurt cette année est quite pour l’année prochaine. » Shakespeare, Henri IV, III, 2 L’argent et la culpabilité (en laïcisant l’argent, en récupérant le temps qui n’appartien qu’à dieu, on récupère la dette de vie, on vole ce que nous avait confié Dieu et qui était imprescriptible.) « La monnaie est de la liberté frappée » (Dostoïevski). Egalement attribué à Hegel. Le pouvoir libératoire de la monnaie, la monnaie est ce qui permet de se libérer des dettes. Et la première des dettes est la dette de vie : qui m’a mis au monde. Avec elle, nait la culpabilité. Je dois quelque chose à mon géniteur. « L’humanité a reçu en partage, avec l’héritage des divinités de la race et des tribus, ce lui de la pression des dettes encore impayées et du désir de les liquider » (Nietzsche généalogie de la morale, p 103 vérif) « La notion morale de « faute » a tiré son origine de la notion très matérielle de « dette » » (ibid, p 73 74 81 vérif) « Quelques puissent être nos efforts, la plus longue vie bien employée ne nous permettra jamais de rendre qu’une portion imperceptible de ce que nous avons reçu » Auguste Comte, Cathéchisme positiviste, 1841, p 238 cité par J.T Godbout, « Ce qui circule entre nous », Seuil, 2007, p 158 La dette de vie est celle que nous devons à ce qui nous a fait naître : existant, nous avons une dette que nous assumons dans notre vie, et dont nous sommes quites à notre mort. Cette dette de vie, disent les anthropologues, est aux origines de la monnaie. On peut admettre que nous « remboursons » par notre vie sociale, notre participation à la vie collective, et notre travail. Dans une société où l’Etat a aboli la violence des hommes les uns contre les autres, il prend sur lui la dette, il garantit notre vie, il nous offre les titres de crédit – les signes monétaires – qui nous permette de vivre et travailler en société. « Ce transfert de la dette de vie sur l’institution souveraine... est bien ... l’origine régalienne du droit de grace. » (Hénaff, le prix de la vérité. le don l’argent la philosophie, Seuil, p 313-314 . L’Etat garantit, est caution de la vie des hommes. En échange, il émet des titres monétaires. On peut imaginer que plus la violence des hommes ressurgit, plus il émet de signes monétaires : l’accumulation capitaliste correspond bien à une contention de la violence.

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