Il n’y a pas qu’à la campagne que les services publics sont en crise. À Paris, la SNCF ferme progressivement ses boutiques. De moins en moins de guichets physiques car selon l’entreprise, les clients se déportent vers Internet et les boutiques ne sont désormais plus assez fréquentées, et donc pas assez rentables.

La boutique SNCF de la rue de Belleville ferme ses portes le 1er mars 2019
La boutique SNCF de la rue de Belleville ferme ses portes le 1er mars 2019 © Radio France / Thibault Lefèvre

Peu à peu, les boutiques SNCF ferment. Et pas seulement dans les zones rurales ou les petites villes. À Paris, la SNCF compte de moins en moins de guichets physiques. D'après l’entreprise ferroviaire, les clients font leurs achats en ligne et les boutiques ne sont plus assez rentables. Sur la vitrine de celle de la rue de Belleville, à Paris, une affiche discrète annonce la fermeture de la boutique pour le 1er mars

Diane, 74 ans, vient pour la dernière fois acheter un billet pour Saint-Jean-de-Luz et proteste contre cette décision. "Nous les retraités, on n'est pas sur Internet, témoigne-t-elle. Quand ça a fermé au centre commercial de Rosny 2, il n'y avait que des retraités, et ils ne nous avaient pas prévenus. On était une vingtaine devant, c'était fermé du jour au lendemain. Tout le monde rouspétait. Il ne faut pas que les boutiques ferment."

La boutique SNCF de la rue de Belleville ferme, il en reste une dizaine à Paris
La boutique SNCF de la rue de Belleville ferme, il en reste une dizaine à Paris © Radio France / Thibault Lefèvre

Trois guichets, un agent d'accueil

À l'intérieur de la boutique, trois guichets sont tenus chacun par un agent d’accueil. Gilles travaille à la SNCF depuis cinq ans et il fait un constat simple : aujourd'hui, "on peut presque tout faire sur Internet". "Le truc, c'est que les clients ne sont pas tous amenés à pouvoir le faire sur Internet, surtout les vieux. Mon papa ne supporte pas d'utiliser l'ordinateur ou le téléphone portable. C'est le meilleur exemple pour moi pour dire que je suis utile." 

Mon papa ne supporte pas d'utiliser l'ordinateur ou le téléphone portable.

Il n’y a pas que les anciens qui ont besoin des services de Gilles et des boutiques SNCF. Sur la vingtaine de clients qui se succède en un peu moins d’une heure dans la boutique, plus de la moitié ont moins de 50 ans. C'est le cas de Clément : "Je suis venu acheter des billets de train et les payer par chèques-vacances. Il n'y a que dans les agences SNCF qu'on peut le faire. Sur Internet, on ne peut pas. C'est pour ça que si cette agence ferme, ça compliquera les choses."  

Une pétition et un rassemblement

Quatre boutiques SNCF ont fermé l’année dernière dans Paris. Il n'en reste aujourd’hui qu'une dizaine. Et c’est au nom de la défense des services publics de proximité, que des élus communistes ont lancé une pétition et appelé les habitants du quartiers à se rassembler samedi matin, devant la boutique (le deuxième samedi de suite après la semaine dernière). Il y a deux ans, ils avaient réussi à empêcher la fermeture d’un bureau de poste.

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