Drapeau suisse
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Les Suisses ont largement approuvé l'initiative Minder, qui limite les rémunérations abusives des patrons des sociétés suisses cotées en bourse en Suisse ou à l'étranger et qui interdit les parachutes dorés.

Selon la Chancellerie fédérale, elle a été acceptée par 67,9% des voix et tous les cantons ont dit "oui", ce qui est très rare.

La colère des Suisses contre les "rémunérations ébusives" été alimentée le mois dernier par l'affaire du parachutedoré de Daniel Vasella, le patron de Novartis qui s'était fait attribuer une somme de 72 millions de francs suisses (près de 60 millions d'euros)auquel il a finalement du renoncer.

Ce référendum d'initiative populaire a été rendu possible grâce à une pétition de 100.000 signatures qui aboutit au scrutin d'aujourd'hui, après plusieurs années de débat et une campagne passionnée.

Le texte, appelé Initiative Minder du nom de son initiateur, un entrepreneur, renforce considérablement les droits des actionnaires et leur donne le pouvoir de décider des salaires de la direction, afin d'empêcher le versement de salaires et de bonus trop élevés. Il interdit également les "golden hello" et les "golden goodbye", soit les primes à l'arrivée d'un cadre dirigeant dans une société, ou au moment de son départ.

Reportage de Claude Cordier à Genève

Ce texte a été vivement combattu par les autorités suisses, notamment le gouvernement et le parlement, qui ont mis au point un contre-projet, moins réformateur, mais qui –selon eux- "ne met pas en péril le succès économique de la Suisse".

Le lobby patronal Economiesuisse a lancé une campagne publique contre le projet en arguant qu'il fera de la Suisse un pays moins attractif pour les grandes entreprises et fera fuir les talents étrangers.

Pour mettre en oeuvre le texte, le gouvernement suisse devra d'abord rédiger un projet de loi respectant les principales dispositions de l'initiative, puis la faire approuver par le Parlement. Faute de majorité, c'est le contre-projet qui entrerait directement en vigueur.

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