arnaud montebourg veut ouvrir le débat contre l'austérité en europe
arnaud montebourg veut ouvrir le débat contre l'austérité en europe © reuters

L'économie de la zone euro va se contracter davantage que prévu cette année, ce qui se traduira par une réduction ralentie des déficits publics, a annoncé vendredi la Commission européenne.

La France, l'Espagne, l'Italie et les Pays-Bas, quatre des cinq principales économies de la région, devraient être en récession en 2013, selon les prévisions de printemps de l'exécutif communautaire, l'Allemagne étant la seule encore promise à la croissance.

En ce qui concerne la France, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires juge "raisonnable" de prolonger de deux ans, donc jusqu'à la fin 2015, le délai accordé pour ramener le déficit à 3% PIB. Il a également laissé entrevoir la fin de la procédure de déficit excessif visant l'Italie.

Une bouffée d'oxygène pour la France

Avec ce report de deux ans de l'obligation de ramener le déficit public à 3% du PIB évoqué vendredi, la Commission européenne estime à son tour que la priorité est la croissance économique en Europe, seule grande zone mondiale en récession. Une victoire politique pour François Hollande, opposé à la traditionnelle orthodoxie budgétaire de l'Europe. Pas d'austérité forcée en France... pour l'instant.

Les explications de Pierre Bénazet à Bruxelles.

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E UE France déficit ok

Ce report annoncé vendredi permettra à la France d'éviter de freiner ses dépenses publiques en urgence pour adopter un rythme moins sévère et moins périlleux politiquement. Quant aux hausses d'impôts, il confirme le sentiment de plus en plus partagé au sein du gouvernement qu'elles ont atteint leur limite après de très fortes augmentations en 2012 et 2013.

La consolidation budgétaire ralentit

"Au vu de la récession prolongée, nous devons faire tout ce qu'il faut pour surmonter la crise du chômage en Europe. La politique de l'UE est centrée sur la croissance durable et la création d'emplois", a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn.

"La consolidation budgétaire se poursuit mais son rythme ralentit. Parallèlement, les réformes structurelles doivent être intensifiées pour débloquer la croissance en Europe."La Commission prévoit désormais une contraction de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) des Dix-Sept cette année et une croissance de 1,2% l'an prochain.

Dans ses prévisions d'hiver, elle tablait sur une baisse de 0,3% du PIB en 2013 et une hausse de 1,4% en 2014. La Grèce est le seul pays de la région pour lequel Bruxelles a revu en hausse ses hypothèses depuis février: la contraction de l'économie hellénique ne devrait être que de 4,2% cetteannée, contre -4,4% prévu auparavant.

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