PARIS (Reuters) - La France suspend ses opérations de formation et d'aide au combat en Afghanistan et pourrait accélérer le retour en France de ses soldats après la mort de quatre de ses militaires, a annoncé vendredi Nicolas Sarkozy.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, se rendra "immédiatement" en mission en Afghanistan et si celle-ci conclut que les conditions de sécurité ne sont pas réunies, la question d'un retrait anticipé sera posée, a dit le chef de l'Etat lors de ses voeux au corps diplomatique.

La France compte actuellement quelque 3.800 militaires en Afghanistan. Leur retrait est pour l'instant prévu pour s'étaler jusqu'en 2014. A cette date, les autorités afghanes devront assumer la pleine responsabilité de la sécurité de leur territoire.

Dans l'attente du rapport de Gérard Longuet, la France suspend "toutes les opérations de formation et d'aide au combat" de son armée en Afghanistan, a dit Nicolas Sarkozy.

"Si les conditions de sécurité ne sont pas réunies, alors se posera la question d'un retour anticipé de l'armée française en France, a-t-il ajouté. Ce retour était envisagé au plus tard en 2014."

"C'est une décision difficile mais je me devais de l'assumer", a dit le président français.

Nicolas Sarkozy

Quatre soldats français ont été tués et 17 autres blessés vendredi par un militaire afghan dans l'est de l'Afghanistan, a déclaré une source de la coalition dirigée par l'Otan.

La fusillade s'est produite dans la vallée de Taghab, dans la province de Kapisa où est basé le contingent français.

La mort des quatre Français, confirmée par Nicolas Sarkozy, porte à 82 le nombre de Français tués en Afghanistan depuis 2001, dont 26 l'an dernier.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle en France, François Hollande, avait plaidé pour sa part pour un retrait complet des troupes d'Afghanistan fin 2012-début 2013, soit avec un an d'avance sur le calendrier envisagé jusqu'à présent par le gouvernement.

Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

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