Fémina, Médicis, Goncourt, Renaudot et Décembre: les cinq grands prix littéraires sont décernés en quatre jours, entre lundi 5 et jeudi 8 novembre. En moyenne, un prix Goncourt se vend à 400.000 exemplaires et un Fémina à 155.000.

Soyons fous, commençons par le prix le plus déjanté , le prix Virilo

En marge du Femina décerné à l'hôtel Crillon comme chaque année, été décerné le prix Virilo remis par un jury de lecteurs amateurs, affublés de moustaches mais néanmoins déterminés à se soustraire à la pression médiatique.

Pierre Jourde auteur "Pour le marmché de l'absolu" (Gallimard)
Pierre Jourde auteur "Pour le marmché de l'absolu" (Gallimard) © Radio France / Philippe Renaud

Après s'être copieusement moqué d'Eric Neuhoff et Christine Angot, les membres du Virilo ont remis leur prix - coup de coeur - à Pierre Jourde pour Le maréchal absolu (Gallimard).

Pierre Jourde auteur poil à gratter du paysage littéraire français a dit aux membres du prix Virilo tout le bien qu'il pense de leur démarche.__ __

target="_blank" href="#"> _Pierre Jourde au micro de Christine Simeone_
### Enfin un prix pour ce vieux routard de Philippe Djian : prix Interallié
Philippe Djian
Philippe Djian © Radio France
Philippe Djian, l'auteur de "37,2° le matin", a reçu le prix Interallié pour son premier roman lancé dans la course aux prix, "Oh..." (Gallimard). Les jurés ont procédé à 8 tours de scrutin avant de choisir leur vainqueur. Dans "Oh.." Djian dresse le portrait d'une femme moderne, violée et qui choisit de ne rien dire et de continuer à vivre. Djian explore l'environnement affectif de son héroïne, en se mettant lui même dans la peau de sa narratrice. _Philippe Djian, heureux de se voir remettre un prix_
_Certains lecteurs liront Djian pour la première fois, ceux qui en tout cas ne lisent que les romans courronnés par un prix. De nouveaux lecteurs pour Djian?_
_Le prix Interallié n'a jamais couronné une femme et il est normalement destiné à récompenser le travail littéraire des journalistes. Ces messieurs de l'Interallié seraient-ils mysogine. Philippe Djian ne le pense pas, et se verrait bien ouvrir le prix aux femmes, puisqu'il sera membre du jury pour l'année à venir._
### le Goncourt revient à Jérôme Ferrari PARIS (Reuters) - **Le prix Goncourt 2012 a été décerné mercredi à Jérôme Ferrari pour "Le sermon sur la chute de Rome" aux éditions Actes Sud.** Les trois autres finalistes pour le plus prestigieux prix littéraire français étaient Patrick Deville pour "Peste et Choléra" (Seuil), Joël Dicker pour "La vérité sur l'affaire Harry Québert" (Fallois) et Linda Lê pour "Lame de fond" (Bourgois). Né en 1968, Jérôme Ferrari est actuellement professeur de philosophie au lycée français d'Abou Dhabi. L'auteur a affirmé avoir ressenti en l'apprenant "comme une chute de tension qu'on peut considérer comme une définition correcte de la joie". "Je suis heureux, notamment pour la maison qui me soutient depuis sept ans dans des conditions qui n'ont pas toujours été aussi favorables. Je n'ai pas encore mesuré ce que c'est", a-t-il déclaré. _Jérôme Ferrari au sujet de son livre_ (au micro de Christine Siméone)
_Jérome Ferrari s'attendait-il à cette récompense_ ?
Les Goncourt ont élu Ferrari à 5 voix contre 4 à Patrick Deville pour Peste et Choléra: match serré entre deux écrivains de grand style _Pierre Assouline, membre du jury_
_Regis Debray, membre du Goncourt, celui qui en parle le mieux_
**Le prix Renaudot a quant à lui été décerné à Scholastique Mukasonga pour 'Notre Dame du Nil" (Gallimard).** ### **Jeudi 25 octobre: Le prix de l'Académie Française pour un auteur suisse qui écrit à l'américaine: Joël Dicker**
Joël Dicker
Joël Dicker © MAXPPP/Keystone / Jean-Christophe Bott
**Grand prix du roman de l'Académie** **française pour "La vérité sur l'affaire Harry Quebert", Joel Dicker est la révélation de la rentrée.** Coédité par les éditions de Fallois et L'Age d'homme, "La vérité surl'affaire Harry Quebert", atteint un tirage de 70.000 exemplaires depuis sa sortie mi-septembre, dont 20.000 depuis la proclamation du prix de l'Académie française. Joel Dicker écrit comme un américain. **"La vérité sur Harry Québert" est une enquête sur la dispartiion d'une jeune fille en 1975, c'est aussi une histoire sur l'amérique puritaine des années 70,** tout en faisant le pont avec l'amérique d'Obama. "La vérité sur Harry Québert" est aussi une réflexion sur la littérature. Le personnage principal est un auteur à succés en proie aux affres de la page blanche. Pour résoudre son problème il va voir Harry Québert son professeur de littérature et auteur d'un chef d'oeuvre.... et le roman qu'il essaie d'écrire , ce sera l'enquête. Cette histoire est faite d'une écriture lègère et alerte, efficace en diable,avec quelques traits d'humour. _Joel Dicker, au micro de Frédéric Pommier_
### **Lundi 5 novembre: Le Fémina à Patrick Deville**
Patrick Deville
Patrick Deville © Seuil / J-L. Bertini
**Peste & Choléra (Le Seuil)** a recueilli 10 des 12 voix des "dames du Fémina" dés le premier tour de scrutin. Ce roman retrace la vie d'Alexandre Yersin, explorateur et biologiste, élève de Louis Pasteur et découvreur du bacille de la peste. Déjà récompensé par le prix de la FNAC, Peste & Choléra est également en lice pour le Goncourt et le Renaudot. _Patrick Deville avec Christine Simeone_ **:** _heureux de se voir récompensé et de voir son travail admis par un plus large public._
_Patrick Deville au sujet d'Alexandre Yercin, le héros de Peste et Choléra_
**Le prix Femina étranger à l'Américaine Julie Otsuka**
Otsuka
Otsuka © Radio France
**Dans "Certaines n'avaient jamais vu la mer" (Phébus),** elle évoque un sujet tabou aux Etats-Unis: la déportation et l'internement de quelque 120 000 Japonais, en 1942, après l'attaque,de Pearl Harbor. Les femmes qui parlent dans ce livre sont parties toutes jeunes filles du Japon, au début du 20ième siècle, avec la photo d'un mari promis sur la Cöte Ouest. Elles espèrent un avenir meilleur. Finalement le rêve va vite tourner à la honte. Elles seront soumises à leurs maris, voir prostituées ou domestiques. Dans tous les cas elles seront méprisées par la société américaine. Lorsque la guerre éclate entre lesEtats-Unis et le Japon, elles ont finalement été emnnenées dans des camps de travail.**Des vies ratés , aigres, et flétries sans retour possible. Julie Otsuka égrène des souvenirs mutliples et différents, toutes ces femmes n'ont pas eu le même sort exactement. Elle écrit "nous" comme dans un chant choral, mais c'est une écriture très fine et sans fioritures.** Extrait:"_Nous avons accouché sous un chêne, l'été, par quarante-cinq degrés. Nous avons accouché près d'un poêle à bois dans la pièce unique de notre cabane par la plus froide nuit de l'année. Nous avons accouché sur des îles venteuses du Delta, six mois après notre arrivée, nos bébés étaient minuscules, translucides, et ils sont morts au bout de trois jours. Nous avons accouché neuf mois après avoir débarqué, de bébés parfaits, à la tête couverte de cheveux noirs. (...). Nous avons accouché dans des fermes reculées d'Imperial Valley, avec la seule aide de nos maris, qui avaient tout appris dans Le Compagnon de la ménagère._ " ### **Mardi 6 novembre: le Médicis à Emmanuelle Pireyre**
Emmanuelle Pireyre, auteur de "Féérie générale", Prix Medicis 2012
Emmanuelle Pireyre, auteur de "Féérie générale", Prix Medicis 2012 © Radio France / © Editions l'Olivier
Dans **Féerie générale** , (L'olivier), Emmanuelle Pireyre procède par coupage et montage, de textes de personnages différents. Ils regardent le monde avec étonnement, s'interrogent sur ses absurdités, résistent, et préfèrent franchir les murs de l'impossible. _Emmanuelle Pireyre avec Christine Simeone_
**Le Médicis Etranger: à Avraham B. Yehoshua**
Avraham B. Yehoshua,  auteur de "Retrospective"   Prix Medicis étranger
Avraham B. Yehoshua, auteur de "Retrospective" Prix Medicis étranger © Radio France / Editions Grasset
**"Rétrospective" (Grasset) est un roman mélancolique sur les mystères de la créationartistique** . Né en 1936 à Jérusalem dans une famille d'intellectuels sépharades, Avraham B. Yehoshua est connu pour son engagement dans le camp de la paix, aux côtés des écrivains Amos Oz et David Grossman, lui-même couronné par le Médicis étranger en 2011 pour "Une femme fuyant l'annonce" (Seuil). "**Rétrospective** " raconte comment un réalisateur se retrouve face à son oeuvre, en regardant les films qu'il a fait au long de sa carrière. Avec Ruth, son actrice fétiche, il en vient à se souvenir de moments énigmatiques, et ses certitdes s'ébranlent peu à peu. La vie est-elle un songe, peut-on en refaire le scénario à loisir? _Avraham B. Yeoshuha heureux juste après l'annonce du prix, sur la place de l'Odéon à Paris_
**Le prix Medicis Essais : David Van Reybrouk, pour "Congo,une histoire" (Actes Sud)** __ Ce volumineux ouvrage (672 pages serrées) déroule chronologiquement une histoire minutieusement détaillée de ce vaste pays, autrefois propriété personnelle du roi belge Léopold II. Devenu colonie, le Congo sera indépendant en 1960, à l'instar de nombreux états africains. De Mobutu, d'abord visionnaire puis despote, à Joseph Kabila, du Zaïre à la RDC, Van Reybrouck raconte la grande histoire du Congo en l'illustrant de multiples témoignages recueillis auprès d'acteurs et protagonistes aussi divers qu'anthropologues, artistes, politiques, religieux, ou simples témoins, parfois centenaires. (AFP) ### Pour les femmes, il faudra attendre pour obtenir la parité en matière de prix littéraire (AFP) Les jurés des grands prix littéraires seraient-ils misogynes ? Dix femmes talentueuses étaient cette année en lice sur une cinquantaine de finalistes, mais seules Julie Otsuka, très beau Femina étranger, et Emmanuelle Pireyre, Médicis surprise, ont été couronnées. S'y ajoute la Rwandaise Scholastique Mukasonga, sacrée contre toute attente par le Renaudot... au 10e tour de scrutin. Retenu au printemps, son roman avait été rayé de la liste d'automne. Dans la sélection du Renaudot figurait en revanche Anne Berest pour "Les Patriarches" (Grasset), "anti-roman" d'apprentissage dans lequel une jeune fille, obsédée par la disparition de son père en 1985, mène l'enquête et se retrouve confrontée à une secte. Aucune romancière n'était sélectionnée par l'Interallié, qui n'a jamais accueilli de femmes dans son jury. "C'est très con, des prix sans femmes", a lancé mercredi son lauréat Philippe Djian. "L'an prochain, ça va changer !", assure l'auteur qui siègera pendant un an dans le jury. Très peu de jurées siègent dans l'ensemble des jurys, à l'exception du Femina. La dernière lauréate du Goncourt a été Marie NDiaye en 2009 pour "Trois femmes puissantes". Depuis ses débuts en 1903, le Goncourt a seulement récompensé neuf écrivaines, dont Marguerite Duras en 1984 et la première d'entre elles, Elsa Triolet, en 1944. Encensée par la critique, Julia Deck, née en 1974, était en piste pour le Femina avec un premier roman à l'écriture époustouflante, "Viviane Elisabeth Fauville" (Minuit). Une intrigue psycho-policière implacable dans lequel la mère d'un bébé, quittée par son mari, part en vrille et assassine son psychanalyste en pleine séance. Pressentie aussi pour le Femina: Anne Serre, avec "Petite table sois mise!" (Verdier), court récit énigmatique où la narratrice réinvente sous forme de conte pour adultes les débordements érotiques incestueux de sa famille. Née en 1960, Anne Serre a écrit son premier roman en 1992. Dix autres livres ont suivi. Quant à Christine Angot, prétendante du prix Décembre avec "Une semaine de vacances" (Flammarion), elle a été écartée au profit du méconnu Mathieu Riboulet. (AFP) __
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