Mardi 22 septembre, les CRS ont procédé, devant les caméras, au démantèlement de ce qu’on a appelé « la jungle de Calais » et à l’interpellation de 276 migrants, envoyés loin du Pas de Calais.

Les majeurs ont été expédiés dans des centres de rétention dans le sud de la France, les mineurs dans des centres d’accueil spécialisés, à Metz notamment.

Pourtant, quand on se promène dans les rues de Calais, on est frappé par le nombre de migrants toujours présents.

Ils sont passés entre les mailles du filet. La « jungle » n’est plus leur point d’ancrage, condamnés à l’errance, leur vie est aujourd’hui encore plus précaire.

Nasselran est afghan. Il a 25 ans, le visage abîmé par les nuits sans sommeil (Géraldine Hallot)

Les riverains avouent leur soulagement

Les associations dénoncent cette précarisation supplémentaire, mais les riverains avouent leur soulagement.

Jean-Loup est patron du "Café des dunes" qui fait face à la jungle . Il se réjouit de l'opération de démantèlement qui devrait faire retrouver à son quartier son visage d’origine.

(Géraldine Hallot)

Les habitants espèrent retrouver calme et sérénité mais savent bien que le problème n’est pas résolu pour autant.

Ces deux riveraines le reconnaissent (Géraldine Hallot)

### Le démantèlement de la « jungle » n’a fait que déplacer le problème des migrants

Le problème des migrations dépasse évidemment le cadre de Calais.

A son échelle, l’association France Terre d’Asile tente de dissuader les migrants de persister à croire en ce qu’elle appelle le « mythe anglais ».

Pourquoi ne pas rester en France en déposant une demande de droit d’asile ? Un Afghan sur trois qui dépose une demande en France, obtient le droit d’asile et même si la procédure est longue, elle a plus de chance d’aboutir qu’un hypothétique passage en Angleterre.

Géraldine Hallot a suivi une équipe de bénévoles

Demain il y aura toujours des migrants à Calais et des gens pour les aider.

L'intervention était annoncée depuis près d'une semaine et beaucoup de migrants avaient quitté leurs cabanes, bien avant l’arrivée des CRS.

Ceux qui avaient fui, et ceux qui ont été relâchés, se sont retrouvés pour prendre le repas servi par l’association « La belle étoile ».

Joël, l’un des bénévoles, dénonce ce qu’il appelle un « coup médiatique » (Géraldine Hallot)

Les mineurs ont été placé dans des foyers

135 des 276 migrants interpellés à Calais étaient des mineurs « isolés ».

Ils ont été placés par le Procureur de la République de Boulogne dans plusieurs foyers du Nord et de l'Est de la France.

Cinquante jeunes sont arrivés mardi soir à Vitry-sur-Orne, dans un foyer qui hébergeait jusque-là des travailleurs algériens venus en France dans les années 60.

Ce placement est provisoire. Leurs situations familiales devront être à nouveau étudiées. Les jeunes migrants pourront ensuite, s'ils le souhaitent, déposer une demande d'asile auprès de la Préfecture.

Pourtant la majorité d'entre eux ne rêve toujours que d’Angleterre.

Le reportage de Sarah Tuchscherer dans le foyer de Vitry-sur-Orne

bandeau © Vanessa Descouraux

> La Jungle de Calais, dossier réalisé le 13 novembre 2008

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