Deux semaines après avoir été désavoué sur ce point par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors de la gestion du dossier ArcelorMittal de Florange, le ministre du Redressement productif laisse entendre dans une interview au journal Le Monde qu'il a perdu une bataille mais certainement pas la guerre.

La nationalisation temporaire est au contraire sur la table, et durablement. C'est l'arme qu'utilisent tous les Etats, y compris les plus libéraux, qui refusent de se laisser lier les mains par des multinationales dont les décisions sont prises au détriment desoutils industriels.

Les précisions de Stéphane Leneuf

Prié de commenter la décision de Jean-Marc Ayrault, qui a renoncé à nationaliser le site de Florange au motif qu'ArcelorMittal avait promis de préserver l'emploi et qu'une nationalisation aurait coûté plus d'un milliard d'euros, Arnaud Montebourg lance une pique à l'adresse du Premier ministre.

Il m'est difficile de commenter une décision qui ne relève pas de ma compétence. Le Premier ministre a pris une décision, et je m'y suis rangé. Je n'ai pas une mentalité de déserteur, et n'aime pas esquiver mes responsabilités ; je continue le combat pour la reconstruction de l'industrie française.

Il réfute l'argument du coût :

La nationalisation temporaire ne coûte rien, précisément parce qu'elle est temporaire et qu'elle rapporte aux finances publiques quand l'Etat se désengage et revend sa participation.

Arnaud Montebourg estime que les réformes de société, comme le mariage homosexuel, ne peuvent être une alternative à la véritable bataille qui doit selon lui être menée. Il conclut en rappelant qu'il s'agissait d'une promesse de campagne de François Hollande.

Ces combats sont nécessaires, mais ils ne pourront remplacer la mère de toutes les batailles : la confrontation avec le système financier qui a détruit nos économies et nos entreprises.

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