par Balazs Koranyi

OSLO, 13 août (Reuters) - La police norvégienne et les services de sécurité auraient pu empêcher totalement ou en partie l'attaque perpétrée par le militant d'extrême-droite Anders Behring Breivik, qui a tué 77 personnes le 22 juillet 2011 lors d'un attentat à la bombe à Oslo et d'une fusillade sur l'île d'Utoya, a indiqué une commission gouvernementale lundi.

Selon elle, les services de renseignement auraient pu être au courant des projets d'Anders Breivik plusieurs mois avant qu'il ne passe à l'acte et devienne le pire tueur de masse qu'ait connu la Norvège en temps de paix.

"Dans l'ensemble, le 22 juillet a révélé de graves manquements dans la préparation d'urgence de la société et dans la capacité à éviter des menaces", peut-on lire dans le rapport de 482 pages remis par la commission.

"Ces défis se sont avérés être bien davantage imputables à la gestion et à la communication qu'à un manque de personnel d'intervention", poursuit le rapport.

Le bâtiment abritant des ministères devant lequel Anders Breivik a fait exploser une voiture piégée aurait dû être mieux protégé car il avait été identifié comme une menace à la sécurité des années auparavant.

Anders Breivik aurait également dû être stoppé avant qu'il abatte des dizaines de victimes, la plupart des adolescents participant sur l'île à une université d'été des jeunesses socialistes, tandis que la police se débattait pour trouver un hélicoptère opérationnel et un bateau adapté.

Après l'explosion de la voiture piégée, la description de Breivik faite par un témoin, qui a été communiquée par téléphone à la police, n'a pas été transmise aux officiers sur le terrain avant 20 minutes et l'armée n'a pas été immédiatement informée.

Le rapport précise que la police aurait dû immédiatement activer les procédures d'urgence censées mettre en garde contre des attaques multiples, mais une gestion défaillante et la désorganisation régnant ont entraîné des retards.

Le Premier ministre, Jens Stoltenberg, a déclaré lundi, après la publication du rapport, qu'il endossait la responsabilité ultime des manquements de la police et des services de renseignement.

Anders Breivik, 33 ans, a reconnu avoir tué le 22 juillet 2011 huit personnes dans un attentat à la voiture piégée à Oslo, puis 69 jeunes gens réunis dans un camp d'été des jeunesses travaillistes sur l'île d'Utoya.

Son procès, qui a duré dix semaines, s'est achevé en juin.

Le verdict est attendu le 24 août, les procureurs demandant aux cinq juges de déclarer le militant islamophobe mentalement dérangé.

Juliette Rabat pour le service français

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.