les députés ump tentent de radicaliser le débat sur le mariage homosexuel
les députés ump tentent de radicaliser le débat sur le mariage homosexuel © reuters

Décidément, le mariage pour tous rend les députés insomniaques... et énervés. La deuxième lecture s'est poursuivie toute la nuit à l'Assemblée, avant de s'achever vers 7h30. Des débats qui ont failli dégénérer, des députés UMP ont même failli en venir aux mains.

L'incident s'est produit pendant une suspension de séance, lorsque les caméras sont coupées. Profitant du blackout médiatique, plusieurs députés UMP se précipitent vers les bancs du gouvernement, furieux qu'on se soit "moqué d'eux". Des députés qui ont même failli en venir aux mains.

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De son côté, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, a vivement condamné ces débordements des députés, que "rien ne justifie". Il a rappelé aux députés qu'ils ne sont "pas des collégiens qui ont des difficultés avec un regard de travers". Et il a annoncé des sanctions.

Quel type de sanction: la réponse de Carine Becard

Depuis plusieurs longues heures maintenant, les députés se penchent sur le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Sous haute tension, venue notamment de l'extérieur : près de 3.000 personnes ont manifesté dans la soirée aux abords de l'Assemblée nationale. Plusieurs centaines étaient encore sur place cette nuit, et la préfecture de police évoque des "jets de projectiles" sur les CRS et 74 arrestations.

De quoi faire bouillir l'intérieur de l'hémicycle, qui n'en avait déjà pas besoin. Les orateurs du groupe UMP, souvent des membres de la Droite populaire, se sont succédés pour critiquer vivement la réforme et plus largement tout l'exécutif, parfois avec des mots très durs.

Un projet de loi pour "assassiner les enfants"

Le député UMP Philippe Cochet a provoqué lui aussi un vif incident, accusant les ministres présents (la ministre de la Justice, Christiane Taubira, et le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies) et la majorité "d'assassiner les enfants". "Des mots inappropriés", a estimé son collègue Patrick Ollier, dans les couloirs de l'Assemblée. L'auteur du dérapage est finalement revenu sur ses propos, reconnaissant que "le terme n'était pas approprié. Par contre le mal reste le même, la fragilisation de l'enfant", affirme-t-il.Le président du groupe PS, Bruno Le Roux, s'est inquiété dans un communiqué que "l'opposition au mariage pour tous prenne une forme inquiétante pour la qualité du débat démocratique". Il s'est notamment "étonné que les rangs de la droite parlementaire restent étrangement silencieux face à la multiplication des actes homophobes", appelant à "dénoncer les dérives préoccupantes de ce mouvement".

Dehors, l'homophobie en hausse

Car le débat se radicalise bien au-delà du Palais Bourbon. Il s'est particulièrement tendu après une agression homophobe mercredi soir à Lille contre un bar gay. Des actes "homophobes et violents", selon François Hollande, qui affirmait jeudi qu'il "ne peut pas les accepter". Il condamne aussi "le fait que des parlementaires ou ministres en déplacement soient empêchés de faire (leur) travail".

Gay et lesbiennes de France s’inquiètent de ce climat. Reportage d'Antoine Giniaux dans le quartier du Marais, à Paris.

La multiplication des incidents fait craindre des débordements lors de la prochaine manifestation du principal collectif d'opposants, la "Manif pour tous". Elle aura lieu dimanche à Paris. Le vote solennel du projet de loi, ce sera mardi prochain.
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