TOULOUSE (Reuters) - La piste criminelle n'a pas été suffisamment explorée dans l'enquête sur la catastrophe AZF à Toulouse, a déclaré mardi l'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, venu témoigner au procès.

L'ancien magistrat a dénoncé "les lacunes et les négligences" qui ont, selon lui, entouré l'enquête et l'instruction de l'affaire.

L'explosion de l'usine chimique AZF, propriété de la société Grande Paroisse, filiale à 100% du groupe Total, avait fait 31 morts le 21 septembre 2001.

Cette catastrophe industrielle, la plus importante en France depuis la Seconde Guerre mondiale, a fait aussi 20.800 blessés selon les documents judiciaires officiels.

Selon Jean-Louis Bruguière, qui a récemment été envoyé en mission par Total pour faire un audit, "des négligences graves dans l'enquête et l'instruction judiciaire n'ont pas permis d'étudier sérieusement la piste d'une origine criminelle".

"Pour la piste intentionnelle, il y a des perquisitions tardives, des négligences, des choses non faites", a ajouté l'ancien magistrat.

"Il n'aurait jamais fallu privilégier l'hypothèse accidentelle", a-t-il estimé. "Celle d'une malveillance a été volontairement négligée dès le départ".

Nicolas Fichot, édité par Patrick Vignal

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