Alors que le débat à l'Assemblée nationale autour du mariage et de l'adoption pour tous fait rage, une circulaire découverte hier par les députés enflamme encore un peu plus le débat.

Avec ce texte, la ministre de la Justice ouvre la voie à la légalisation des mères porteuses, toujours interdites en France.

Lors des questions à l'Assemblée, Jean-François Copé s'est indigné

Ecoutez la réaction de Christiane Taubira, accueillie par des huées à l'Assemblée nationale

Derrière cette circulaire, une réalité vécue par de nombreux Français. Il y a 13 ans, Dominique Mennesson, stérile, décide de recourir à une mère porteuse aux Etats-Unis. Deux petites filles sont nées. Aujourd'hui, elle regrette que la circulaire n'aille pas plus loin, vers "la filiation pleine et entière".

Dominique Mennesson au micro de Clotilde Dumetz

Pour le député UMP du nord, Daniel Fasquelle, ce texte est passé inaperçu :

D'un coté, la ministre jure que la PMA, la procréation médicalement assistée est renvoyé au printemps mais de l'autre, elle accepte de fait la GPA : on régularise en catimini et on encourage les mères porteuses.

Cette circulaire perturbe encore un peu plus un débat houleux sur le mariage pour tous qui a débuté hier à l'Assemblée.Etait-ce vraiment le moment ?

Pour Marc Fauvelle, l'initative est malheureuse

Pour Alain Vidalies, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, "la GPA ne sera pas autorisée ni dans ce texte, ni dans aucun autre".

Mariage pour tous : la marathon parlementaire a commencé

Les premières heures du débat par Laëtitita Saavedra

Mariaghe pour tous
Mariaghe pour tous © Radio France

Les Partisans et les adversaires du mariage et de l'adoption pour les couples homosexuels ont entamé un débat marathon à l'Assemblée nationale sur la réforme sociétale la plus importante depuis l'abolition de la peine de mort en 1981.

Les opposants au projet de loi, qui ont gagné la bataille de la rue en faisant défiler trois fois plus de personnes que les pro-mariage gay, ne se font guère d'illusions sur leurs chances de remporter le même succès à l'Assemblée.

La majorité de gauche est en effet solide sur ce dossier, ce qui n'empêchera pas l'opposition de mener une guérilla parlementaire en défendant plus de 5 000 amendements pendant les deux semaines - week-ends compris - que durera le débat qui s'achèvera le 12 février par un vote solennel sur le texte.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, dont la loi portera le nom une fois adoptée, a, lors de l'ouverture du débat, apostrophé l'opposition qui conserve selon elle "le regard obtinément rivé vers le passé" :

Vous avez choisi de protester contre la reconnaissance des droits de ces couples, c'est votre affaire. Nous, nous sommes fiers de ce que nous faisons.

Christiane Taubira devant l'Assemblée nationale

Christiane Taubira
Christiane Taubira © Radio France

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est déclaré certain, lors de la séance de questions au gouvernement, "qu'à la fin du débat une large majorité de parlementaires adoptera cette réforme pour plus d'égalité entre les hommes et les femmes". "Ce n'est pas l'institution du mariage que l'on va affaiblir, on va l'élargir et la renforcer", a-t-il ajouté.

Rappelant le houleux débat parlementaire sur le Pacs, il y a 15 ans, le Premier ministre a estimé que les esprits allaient évoluer dans le camp des opposants au "mariage pour tous".

"Je prends le pari que demain, mesdames et messieurs les députés de l'opposition, beaucoup d'entre vous viendront me dire 'oui c'est une avancée, vous avez bien fait de le faire'".

Deux cents à 300 personnes se sont rassemblées hier soir pour une prière commune aux abords de l'Assemblée nationale, à l'appel de l'institut Civitas.

L'organisation, proche des catholiques intégristes, appelait à manifester contre "les forces du mal". Les manifestants ont privé devant une croix et une statue de la Vierge, encadrés par un important dispositif policier.

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