Amina, la première Femen tunsiienne à avoir posé seins nus sur Facebook est devenue un symbole en Tunisie. Elle attend le verdict dans son procès pour port d'un spray lacrymogène. A Kerouan, les militants féministes croisent des salafistes.

Amina a été arrêtée le 19 mai après avoir peint "Femen" sur un mur proche d'un cimetière à Kairouan où devait se tenir un rassemblement interdit d'Ansar Asharia,un mouvement islamiste extrême. Amina était en possession d'une bombe lacrymogène. Les avocats de la jeune fille ont réclamé un non-lieu, alors que la loi tunisienne prévoit des peines de six mois à cinq ans de prison pour détention d'engins incendiaires ou explosifs.

Mounir Sboui, le père d'Amina, est intervenu au début de la séance : il s'est dit "fier" de sa fille pour son engagement :

Je suis fier de ma fille, cette affaire est en train de se politiser de plus en plus. Elle commet des actes démesurés mais elle défend ses idées.

Sur place, le reportage de Thibault Cavaillès

Le procès d'Amina Sboui s'est déroulé dans une ambiance électrique. Des habitants de Kerouan, une des ville tunisienne les plus conservatrice, ont insulté les avocats de la jeune fille de 18 ans.Des salafistes ont rejoint la manifestation. Parmi eux, le représentant du mouvement Seifeddine Raïs, un groupe jihadistes d'Ansar Asharia :

Pourquoi je n'ai pas le droit d'accéder au tribunal? Qu'elle aille en enfer !

Manifestation de Femen à Tunis
Manifestation de Femen à Tunis © Reuters / Anis Mili

En mars dernier, Amina avait fait scandale en publiant des photos d'elle seins nus à la manière des Femen. Elle a alors reçu des menaces d'islamistes radicaux, selon son témoignage. Ses proches, sa mère en tête, la décrivent comme une dépressive chronique suicidaire.

A Tunis, deux militantes françaises et une allemande du mouvement féministe devaient être présentées au parquet à Tunis après avoir été arrêtées mercredi devant le palais de Justice après leur première action de protestation dénudée dans le monde arabe.

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