STRASBOURG (Reuters) - Les syndicats d'ArcelorMittal ont fait monter la pression d'un cran mardi à Florange (Moselle) en interdisant l'accès aux locaux administratifs pour obtenir un engagement de la direction à redémarrer les hauts-fourneaux de l'usine.

Des barrages ont été mis en place dès l'aube aux entrées des "grands bureaux" où travaillent environ 600 personnes, selon les syndicats qui n'occupaient, depuis lundi dernier, que les bureaux de la direction.

La direction du groupe sidérurgique a condamné cette action.

"La direction d'ArcelorMittal Atlantique et Lorraine appelle à un déblocage rapide des locaux et exprime son inquiétude quant à l'urgence de la situation", dit-elle dans un communiqué.

Le dialogue social "ne pourra pas continuer tant que la situation ne permettra pas qu'il se tienne dans des conditions raisonnables", ajoute-t-elle.

L'intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC demande à la direction moins du dialogue que des annonces concrètes.

"Nous voulons qu'elle vienne nous voir avec une vision industrielle, des investissements, le redémarrage de nos hauts-fourneaux, du concret", a dit à Reuters Frédéric Weber, représentant de la CFDT.

Le blocage des expéditions du site, commencé en milieu de semaine dernière et levé vendredi soir n'a, en revanche, pas été réactivé cette semaine.

L'ESPOIR ULCOS

Un comité d'entreprise ordinaire s'est déroulé dans la matinée à Metz, avant la reprise, vendredi à Saint-Denis, en région parisienne, du comité central d'entreprise qui avait été suspendu la semaine dernière.

Le maintien à l'arrêt au deuxième trimestre des deux hauts-fourneaux de Florange, éteints respectivement depuis juillet et octobre dernier, doit y être acté, une mesure dont la direction assure qu'elle est provisoire, en raison de la baisse de la demande d'acier en Europe.

Cinq cent cinquante postes sont directement affectés mais, avec le ralentissement de la production qui touche les autres unités du site, le chômage partiel concerne 2.500 des 5.000 salariés (dont 2.000 sont intérimaires ou sous-traitants), selon les syndicats.

Ces derniers craignent pour leur part un arrêt définitif de la filière liquide à Florange et par conséquent en Lorraine.

Ils estiment, et les élus locaux avec eux, que seul le projet Ulcos, qui ferait de Florange un site pilote pour la capture et le stockage de CO2 dans le sol, garantirait l'avenir.

Nicolas Sarkozy a confirmé lundi que la France était prête à investir 150 millions d'euros dans cette opération dont le coût est estimé à plus de 620 millions d'euros mais la décision finale est entre les mains de la Commission européenne.

Elle ne devrait pas dire si elle soutient le projet avant le mois d'octobre.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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