jean-luc mélenchon espère rassembler 100.000 manifestants à la bastille
jean-luc mélenchon espère rassembler 100.000 manifestants à la bastille © reuters

Une manif de 100.000 personnes, pour prolonger le combat. C'est ce qu'espère Jean-Luc Mélenchon, qui veut renouer avec ses démonstrations de force de la campagne présidentielle. Et fédérer autour de lui l'opposition (de gauche) à François Hollande.

Cette nouvelle manifestation place de la Bastille (décidément, le lieu est cher à Jean-Luc Mélenchon) est certes organisé à l'appel du Front de gauche (Parti communiste et Parti de gauche), mais le quatrième homme de la présidentielle de 2012 va y jouer le rôle principal. L'appel est venu d'une de ses interviews, où il réclamait, au lendemain de l'affaire Cahuzac, un "coup de balai" et une "constituante pour une VIe République".

D'ailleurs, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, n'avait pas été prévenu et n'apprécie guère ces appels à donner "un grand coup de balai" à l'occasion du premier anniversaire de l'élection de François Hollande.

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, manifestera lui aussi avec Jean-Luc Mélenchon. Même s'il reconnait sur France Inter que "le coup de balai, c'est pas notre tasse de thé".

L'initiative divise également les écologistes, membres du gouvernement, qui n'ont pu empêcher leur ancienne candidate à la présidentielle, Eva Joly, d'annoncer sa présence à la Bastille malgré la décision de leurs instances de ne pas en être.

Il y a un peu plus d'un an, le 18 mars 2012, le co-président du Parti de gauche réussissait l'exploit de mobiliser la grande foule au même endroit, revendiquant 120.000 manifestants. Il en espère au moins 100.000 ce dimanche. Et conteste par avance les chiffres de police, qui "ne comptera pas" selon lui.

Les précisions de Marion Lagardère.

"Quelle duplicité" au gouvernement !

Même s'il ne ménageait déjà pas ses critiques contre François Hollande avant l'arrivée au pouvoir du président socialiste, les attaques de Jean-Luc Mélenchon contre son gouvernement sont allées crescendo depuis un an.

Il accuse pêle-mêle le président français de pratiquer une politique social-démocrate, de plonger dans le pays dans la récession en acceptant une austérité imposée par l'Allemagne à toute l'Europe et de laisser les patrons multiplier les plans sociaux.

L'accord sur la réforme du marché du travail conclu entre les syndicats réformistes et le patronat, puis coulé dans un projet de loi, ne passe pas non plus au Front de gauche.

Le refus de François Hollande de faire voter une loi d'amnistie des syndicalistes et ouvriers auteurs de délits lors des actions de protestation l'a ulcéré. "Quelle duplicité ! Car il m'a promis, les yeux dans les yeux, qu'on ferait cette loi", a-t-il dit sur France 2. Jean-Luc Mélenchon affiche clairement son objectif : fédérer l'opposition de gauche à François Hollande en attirant les écologistes et l'aile gauche du Parti socialiste.Il tente ainsi de jouer sur les divisions internes au gouvernement, invitant même le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, souvent en désaccord avec ses collègues, à rejoindre le Front de gauche."Arnaud Montebourg aurait sa place naturelle le 5 mai avec nous dans la rue", a-t-il estimé. "Comme nous, il est pour la VIe République, comme nous il est contre la finance, comme nous il n'accepte pas la politique d'austérité."Cela ne l'empêche toutefois pas de faire des offres de service au président."François Hollande avait une chance de faire quelque chose de bien, il l'a ratée. Il peut se rattraper. Il peut me nommer Premier ministre. Je n'ai pas peur", avait très sérieusement lancé Jean-Luc Mélenchon le 22 avril.Pour le gouvernement, les choses ont désormais le mérite d'être claires et ses ministres ne prennent plus de gants avec le co-président du Parti de gauche. "Le Front de gauche n'est pas dans la majorité gouvernementale, et heureusement que Jean-Luc Mélenchon n'est pas dans le gouvernement!", a ainsi dit fin avril le ministre du Travail Michel Sapin sur BFM TV.

De tous les ministres, c'est la porte parole du gouvernement Najat Vallaud Belkacem qui est la plus virulente.

La marche du 5 mai doit partir de la place de la Bastille vers 13h15, après des interventions (notamment) de Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly. Le cortège se dirigera vers Nation.

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