Pour nombre de Français, pour vivre au quotidien, il faut faire des choix parfois drastiques. Comme, révèle le 10e baromètre Ipsos-Secours populaire, le renoncement aux soins.

50% des Français les moins aisés renonceraient à des soins dentaires, selon un sondage Ifop-Secours populaire.
50% des Français les moins aisés renonceraient à des soins dentaires, selon un sondage Ifop-Secours populaire. © Reuters / Alkis Konstantinidis

Dans l'Hexagone, la crise économique de 2008 a laissé des traces. Celles, intangibles, qui pèsent sur l'économie nationale; celles, surtout, bien palpables, qui sont ressenties par les Français au quotidien. C'est ce que révèle le 10e baromètre Ipsos-Secours populaire.

En 2016, parmi les répondants à ce sondage réalisé en juillet auprès de 1000 personnes, 2 sur 5 indiquaient avoir été confrontées à une situation de pauvreté. Avec, évidemment, des inégalités très marquées entre hommes et femmes et entre cadres et ouvriers, pour ne citer que celles-ci.

Écouter le zoom de la rédaction , réalisé par Philippe Randé "En France, la santé sacrifiée faute de moyens"

Le renoncement aux soins

Mais au-delà de la perception, de ce sentiment exprimé de précarité, le baromètre révèle des arbitrages préoccupants chez les Français. Il ne s'agit plus seulement, en situation de crise, de faire une croix sur les séances de cinéma ou de renoncer aux vacances (73% des foyers disposant de moins de 1200 euros nets par mois ne partent pas). C'est de leur santé qu'il s'agit.

Pour les 2/3 des personnes interrogées, certains actes médicaux peuvent se révéler trop chers. Ceux qui sont mal ou pas remboursés par la Sécurité sociale, certes, mais qui n'en sont pas moins fondamentaux : prothèses dentaires, lunettes...

La moitié des Français dont le revenu mensuel net du foyer est inférieur à 1200 euros ont déjà dû reporter ou renoncer à une consultation chez un dentiste et plus d’un tiers chez un ophtalmologiste.

Amandine Lama, directrice d’études chez Ipsos, précise que cette proportion est en forte hausse depuis 2008.

Bonne nouvelle, néanmoins, les Français sont conscients de l’augmentation des inégalités d’accès à la santé – 68% pensent qu’elles se sont aggravées au cours des dernières années. Reste, dans les prochains mois, à porter ce discours dans l'agenda des présidentiables.

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