Janvier, deuxième rentrée littéraire, après la course aux prix de septembre. C'est la rentrée cool ! Voici la sélection JDD France Inter, établie par Anne-Julie Bémont, Philippe Collin, Marie-Laure Delorme, Alexandre Fillon, Vincent Josse, Karen Lajon.

5 ROMANS FRANCAIS

Vie et mort de Paul Geny, de Philippe Artières, Seuil

Tout s’est bien passé, d’Emmanuèle Bernheim, Gallimard

Heureux les heureux, de Yasmina Reza, Flammarion

Sombre dimanche, d’Alice Zeniter, Albin Michel

Aurais-je été résistant ou bourreau, de Pierre Bayard, Minuit

5 ROMANS ETRANGERS

La fille, qui danse, de Julian Barnes, Mercure de France

Le bleu de la nuit, de Joan Didion, Grasset,

Le roman du mariage, de Jeffrey Eugenides, L’Olivier

Cette nuit-là, de Gila Lustiger, Stock

L’amour au temps de l’enfant de Mahistadt, de Clemens J. Setz, Actes Sud

Actes sud
Actes sud © Radio France

C'est le livre le plus dérangeant de cette sélection. Une série de nouvelles où la violence se déploie dans le quotidien comme la chose la plus banale du monde. Une inquiétude permanente plane sur ces petites histoires apparemment simples.

Dans L'amour au temps de l'enfant de Mahlstadt , un artiste a installé dans la ville une sculpture de glaise, représentant un enfant. Les habitants se retrouvent autour de lui régulièrement, y compris pour l'agresser. Clemens Setz est considéré comme un phénomène en Allemagne.

Un jeune homme très doux au premier abord, qui ramène une chaussure en chocolat à sa petite amie comme souvenir parisien, bref un jeune homme presque bana, qui abrite un monde électrique et qui écrit avec un couteau pour titiller nos plaies et réveiller nos mauvais souvenirs.

Clemens J.Setz raconte comment naissent ces histoires étranges

Certaines de ces histoires naissent très tôt le matin. Avez-vous remarqué que quand vous vous levez vers 5h du matin, vous êtes fatigué, mais vous n’êtes pas distrait ou déconcentré, c’est une étrange lucidité, et vous pensez par court-circuit, les idées se succèdent, et j’aime ce moment-là. Je n’écris pas une littérature réfléchie, je ne suis pas guidé par des concepts, je me contente de décrire le fim que j’ai en tête .

Il est souvent question d'enfants dans les nouvelles de Clemens J. Setz. Qu'est ce qui a marqué sa propre enfance ?

> _Une enfance très complexe, ma mère était démartologue, je regardais les photos de ces livres médicaux, je trouvais ça merveilleux, plein de couleurs, rouge, jaune, je ne savais pas vraiment ce que c’était. Et ça me faisait rire, car je ne savais pas qu’il s’agissait de blessures et de souffrances. Et bien sûr maintenant ça ne me fait plus rire. J’aime revenir à cet état d’innocence, où l’on voit les choses avec d’autres yeux, et on trouve les choses simplement belles ; j’aimerais voir aujourd’hui quelque chose d’horrible comme beau, mais je ne le peux pas ; en revanche je me souviens en avoir été capable_ .
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