Un an après les grandes manifestation d'éleveurs, c'est toujours la gronde dans les campagnes. Lundi ils manifesteront à Laval pour demander une revalorisation du prix du lait.

Étranglés par le cours très bas du lait, plusieurs centaines d'agriculteurs manifesteront lundi à Laval (Mayenne), près du siège de Lactalis, pour réclamer une revalorisation du prix du lait
Étranglés par le cours très bas du lait, plusieurs centaines d'agriculteurs manifesteront lundi à Laval (Mayenne), près du siège de Lactalis, pour réclamer une revalorisation du prix du lait © Maxppp / CAROLINE BLUMBERG

Depuis un an, malgré les manifestations, la situation ne s'est pas améliorée pour les éleveurs. Elle a même empiré pour les producteurs de lait : ils vendent aujourd'hui leur litre de lait en moyenne vingt-six centimes, alors qu'il y a deux ans, il en valait trente-quatre.

Selon David Chauve, président de la Fédération des Producteurs de Lait du Puy de Dôme, la crise est structurelle : surproduction européenne, répartition peu équitable des marges... "Produire du lait à perte quelques mois pour faire face à une crise temporaire, on a connu ça dans le passé. Mais aujourd'hui le problème s'inscrit dans la durée. C'est une situation exceptionnelle. Vingt-six centimes d'euros le litre, c'est une perte de 30% du prix du lait depuis un an et demi, et donc une perte de 30% du chiffre d'affaire. Cela pose la question de l'avenir des exploitations laitières en France. L'agriculteur ne peut pas vivre éternellement en attendant les aides de l'Etat, il faut s'attaquer au problème de fond !", martèle-t-il.

Des éleveurs moroses et résignés

Cyril a 23 ans, il s'est installé l'année dernière en tant qu'éleveur, mais il est déjà désabusé : "On survit. C'est démotivant. Je savais que ça allait être difficile, mais je ne pensais pas que le prix du lait descendrait si bas. Heureusement que l'on a l'amour du métier, sinon on ne ferait pas ça", se désole-t-il.

Je me retire un salaire de 700 euros

Mais même avec la passion, à la fin du mois c'est compliqué, raconte le jeune homme: "On se sort le strict minimum: ce qu'il faut pour vivre, pour nos prêts personnels et pour payer les emprunts de l'exploitation. Aujourd'hui je me retire un salaire de 700 euros. Quand j'ai tout payé, il me reste pas grand-chose".

Plusieurs centaines d'agriculteurs sont attendus lundi à Laval, en Mayenne, près du siège du groupe Lactalis, géant mondial des produits laitiers, pour réclamer une revalorisation du prix du lait. Selon les organisations syndicales, le prix de 256 euros les 1.000 litres de lait payé actuellement par Lactalis à ses producteurs est de dix à trente euros inférieur à ce que paient ses principaux concurrents.