[scald=69085:sdl_editor_representation]SINGAPOUR (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a estimé mercredi que la situation sur le front financier "s'était considérablement aggravée en Europe et dans le monde ces dernières semaines", tout en se disant convaincu que la zone euro sortirait renforcée de la crise.

"Nous assistons désormais à une véritable crise financière, qui perturbe les marchés financiers sur une grande échelle", a-t-il dit lors d'une conférence à Singapour.

"Dans une période de perturbation intense des marchés, il est essentiel de garantir que le mécanisme de transmission de la politique monétaire fonctionne effectivement. Cela pourrait impliquer des interventions temporaires et exceptionnelles sur les segments de marchés où les dysfonctionnements sont les plus apparents", a ajouté Christian Noyer, qui est membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.

Il n'est toutefois pas entré dans les détails.

Des sources ont confié la semaine dernière à Reuters que la BCE examinait la possibilité sans précédent d'étendre la maturité de ses prêts aux banques à deux, voire même trois ans, voulant éviter que la crise de la zone euro ne provoque un assèchement du crédit qui étoufferait son économie.

Christian Noyer a en revanche exclu cette semaine un rachat massif de dettes souveraines par la BCE pour soulager la pression sur les pays les plus exposés à l'envolée des rendements obligataires.

Deux ans après avoir éclaté, la crise de la dette menace de faire dérailler l'économie mondiale et s'aggrave un peu plus chaque jour, l'Italie ayant dû concéder mardi des rendements de près de 8% pour placer des obligations à trois ans et de 7,5% pour du papier à 10 ans, en très nette hausse par rapport à octobre.

Ces coûts, similaires à ceux qui avaient déclenché les plans d'aide internationale à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal, sont jugés intenables au-delà de quelques semaines.

"La faiblesse essentielle de l'Europe ne réside pas principalement dans la fragilité de tel ou tel de ses éléments", a estimé Christian Noyer.

"Cette fragilité vient de sa difficulté à organiser et à gérer en temps de crise les interactions complexes qui se produisent au coeur du système financier."

"Il est essentiel de stabiliser les marchés obligataires européens", a-t-il dit, insistant sur "un nécessaire degré d'ajustement budgétaire".

Saeed Azhar et Kevin Lim; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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