PARIS (Reuters) - La situation de la France obligera François Hollande à se montrer "lucide" dans ses promesses économiques et sociales, a déclaré dimanche le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac.

La dégradation des perspectives de croissance et la perte du "triple A" de la note de la dette souveraine française font que le programme du candidat socialiste à la présidentielle, qui sera présenté le 22 janvier prochain, différera de celui du PS, a-t-il dit sur France 5.

"Naturellement, le programme présidentiel de François Hollande différera (...) du programme socialiste", a déclaré ce membre influent de l'équipe de campagne de François Hollande.

Le programme original du PS était basé sur des prévisions de croissance de 2 à 2,5% par an mais la hausse de l'activité économique sera inférieure à 1% cette année, a-t-il expliqué.

En outre, la France paiera des taux d'intérêt plus élevés pour lever les 178 milliards d'euros qu'elle sera obligée d'emprunter en 2012 en conséquence de la décision de l'agence de notation Standard & Poor's de dégrader la signature française.

"C'est une très mauvaise nouvelle pour la France", a estimé Jérôme Cahuzac. "Tout cela amène évidemment à être extrêmement lucide sur ce qu'il convient de faire."

Il a ainsi reconnu que la position de François Hollande sur les retraites était "en retrait" par rapport à celle du PS, qui promettait de revenir à un âge de départ à la retraite de 60 ans pour tous, contre 62 ans actuellement.

Pour François Hollande, seuls les Français qui auront suffisamment cotisé pourront partir à cet âge.

En outre, les 60.000 emplois promis par le candidat socialiste dans l'éducation se feront uniquement "par redéploiement", sans nouvelles embauches, a ajouté le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Il a estimé que le secondaire pourrait en faire les frais au bénéfice du nombre d'enseignants du primaire.

Yves Clarisse

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