Le parcours chronologique permet de mesurer la continuité de son inspiration, le travail d’approfondissement de ses sujets de prédilection :les architectures qu’il dote d’une identité quasi « psychologique » (House by the Railroad , 1925, MoMA),les personnages solitaires abîmés dans leurs pensées (Morning Sun , 1952, Columbus Museum of Art), le monde du spectacle (Two on the Aisle , 1927, Toledo Museum of Art), et les images dela ville moderne (Nighthawks , 1942, The Art Institute of Chicago).

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"Two Puritans", un autoportrait, par Didier Ottinger

Two puritans
Two puritans © Radio France - Anne Douhaire

Les interprétations de ses œuvres sont contradictoires. Bastion de la traditionréaliste américaine, le Whitney Museum of American Art consacre à son œuvre des expositions régulières. C’est toutefois le MoMA de New York, temple du formalisme qui, en 1933, présente sa première rétrospective. Son directeur, Alfred Barr, salue un artiste qui « parvient dans nombre de ses peintures à réussir des compositions intéressantes d’un point de vue strictement formel. »

Chop suey Edward Hopper Collection de Barney A. Ebsworth
Chop suey Edward Hopper Collection de Barney A. Ebsworth © Collection particulière

"House by the Railroad", un concentré de Hopperpar Didier Ottinger :

Housse by the rail road
Housse by the rail road © House by the railroad/the New Yok Museum of Art

Cette complexité de l’œuvre de Hopper la place au croisement des deux définitions historiques de la modernité américaine : celle issue de l’Ashcan School qui revendique le principe baudelairien d’une modernité liée au sujet , celle issue des leçons de l’Armory Show qui, en 1913, révèle au public américain le formalisme des avant-gardes européennes (cubisme et cubo-futurisme). Dans les années cinquante, l’étrangeté « surréelle », la dimension « métaphysique » de sa peinture vaut à Hopper d’être rapproché de De Chirico .

Au même moment, dans les colonnes de la revue Reality , le peintre s’associe aux artistes du réalisme américain pour dénoncer l’art abstrait qui, selon eux, submerge collections et musées.

Edward Hopper Conference at night 1949 Huile sur toile, 71,75 x 102,4 cm Wichita Art Museum, Roland P. Murdock Collection
Edward Hopper Conference at night 1949 Huile sur toile, 71,75 x 102,4 cm Wichita Art Museum, Roland P. Murdock Collection © Wichita art museum, wichita, Kansas

Quelques mois à peine après la mort de l’artiste, réconciliant réalisme et art d’avant-garde, le commissaire de la section américaine de la Biennale de Sao Paulo, Peter Seltz, organise une exposition des oeuvres de Hopper qu’il associe à la génération des artistes Pop.

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