[scald=67785:sdl_editor_representation]par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - L'ultimatum posé par la Ligue arabe à la Syrie a expiré vendredi mais le gouvernement de Bachar al Assad a jusqu'à la fin de la journée pour accepter des observateurs sur son territoire, sous peine de sanctions économiques.

L'organisation panarabe demande à Damas de signer un protocole permettant l'envoi d'une mission exploratoire comprenant des militaires et des spécialistes des droits de l'homme.

"Le délai a déjà expiré mais la Ligue arabe laisse la porte ouverte à la Syrie pour donner sa réponse d'ici la fin de la journée", a dit un responsable arabe.

La Syrie a "demandé de nouveaux éclaircissements", a dit une autre source arabe. En l'absence de réponse positive, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réuniront samedi au Caire pour décider de l'attitude à adopter.

Les sanctions envisagées sont l'arrêt des échanges commerciaux, des transactions avec la banque centrale syrienne et de toutes les transactions financières, le gel des avoirs gouvernementaux ou la suspension des vols commerciaux.

L'organisation exclut toutefois d'arrêter le commerce "de matières premières stratégiques pour ne pas toucher le peuple syrien".

Les menaces de la Ligue arabe, qui demande l'implication de l'Onu, font suite à la proposition française de créer des "corridors humanitaires" en Syrie.

La communauté internationale reste divisée face à la question syrienne, la Russie et la Chine s'opposant toujours à des sanctions contre Damas.

L'économie syrienne fatigue après huit mois de révolte, dont les effets sont aggravés par les sanctions américaines et européennes visant le pétrole et les entreprises publiques.

La répression du soulèvement par le gouvernement syrien a fait au moins 3.500 morts depuis le mois de mars, selon l'Onu.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme rapporte que 47 personnes ont été tuées jeudi, dont 16 soldats et 17 déserteurs.

"NI RÉSOLUTIONS, NI SANCTIONS, NI PRESSIONS"

La communauté internationale n'a pas voulu jusqu'ici s'impliquer directement dans le conflit syrien mais ce consensus s'effrite depuis quelques jours.

La Ligue arabe a suspendu Damas il y a deux semaines et la Turquie est de plus en plus virulente à l'égard de son voisin et ancien allié.

Si la Syrie ne répond pas positivement à la proposition de la Ligue arabe, "nous pouvons prendre des initiatives en accord avec la Ligue arabe", a dit Ahmet Davutoglu, ministre des Affaires étrangères, à Ankara vendredi.

"Je veux dire clairement que nous ne tolérons plus le bain de sang en Syrie", a-t-il insisté.

La France a été mercredi la première puissance à suggérer une intervention internationale, sous la forme de corridors humanitaires permettant d'approvisionner la population en vivres et en médicaments.

La Russie n'a pas fermé la porte à cette proposition mais a demandé à Paris de la clarifier.

"En l'état actuel des choses, ce qui est nécessaire, ce ne sont pas des résolutions, ni des sanctions, ni des pressions mais un dialogue interne en Syrie", a dit le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Alexandre Loukachevitch a répété que la Russie soutenait l'appel de la Ligue arabe à la fin des violences mais que les groupes "radicaux d'opposition" soutenus par l'étranger en partageaient les torts.

La Russie a accueilli jeudi une réunion des vice-ministres des Affaires étrangères des Brics, son alliance informelle avec la Chine, le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud.

Dans un communiqué, ils soulignent "que le seul scénario acceptable pour la résolution de la crise interne en Syrie est l'ouverture immédiate de discussions pacifiques avec la participation de toutes les parties, conformément à l'initiative de la Ligue arabe."

"Toute intervention extérieure non conforme à la Charte des Nations unies doit être exclue", ajoutent-ils.

Moscou soupçonne les puissances occidentales de préparer le terrain à une intervention militaire, comme en Libye.

Avec Edmund Blair et Ayman Samir au Caire et Steve Gutterman à Moscou, Clément Guillou pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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