les experts écartent la thèse du sous-marin dans le naufrage du bugaled breizh
les experts écartent la thèse du sous-marin dans le naufrage du bugaled breizh © reuters

Deux expertises versées au dossier d'instruction et la thèse de l'accrochage par un sous-marin du chalutier français Bugaled Breizh, en 2004, au large des côtes britanniques, semble s'éloigner. Cinq membres d'équipage étaient morts au cours de ce naufrage toujours inexpliqué.

Les deux expertises étaient attendues depuis plusieurs mois par les familles des victimes, convaincues de l'implication d'un sous-marin dans le naufrage brutal du chalutier.

L’accident s'est produit dans une zone où se déroulaient au même moment des manœuvres militaires de l'Otan et de la Marine Britannique. Les familles pensent donc que la révélation de la vérité est entravée par le secret-défense.

Trois experts avaient été désignés afin de faire vérifier si les traces de titane relevées sur le chalutier pouvaient provenir d'un contact avec un sous-marin.

Brigitte Lamy, procureur de la République de Nantes à indiqué qu’à la lecture des expertises, les traces de titane retrouvées sur les funes, c'est à dire les câbles du chalutier ne sont "pas significatives de l'implication d'un sous-marin". En outre, les experts "ont relevé que le titane était présent dans la composition des peintures de chalutiers, sous sa forme dioxyde, mais aussi dans les installations portuaires et que des transferts de cet élément sur les funes pouvaient résulter de frottements sur la coque ou sur les quais".

Un autre rapport, remis à l'automne dernier par "un spécialiste français des forces sous-marines", écarte également l'hypothèse de l'implication d'un sous-marin britannique, le Turbulent , dans le naufrage puisque pour l'expert le sous-marin britannique mis en cause se trouvait bien à quai le 15 janvier 2004.

Le juge et l'ensemble de l'institution judiciaire est au sercice des intérêts de l'Etat

Pour Maitre Kermarec, l'avocat de l'armateur du Bugaled Breizh, le rapport est partia. Il répond à Philippe Rey-Gorez

Il est peu probable que les familles acceptent les résultats de ces expertises. Thierry Lemétayer, dont le père Georges était le mécanicien du chalutier, par exemple, réclamait la mise en examen pour homicide involontaire du commandant du Turbulent sur la base d'indices "graves et concordants". Selon lui, un témoin affirmait que son sous-marin avait accroché les câbles du chalut du Bugaled Breizh et l'avait fait couler à très grande vitesse."

Toujours en 2011, son avocat, Me Dominique Tricaud, affirmait "grâce à un certain nombre de documents déclassifiés, que le Turbulent était en mer le 15 janvier 2004 pour infiltrer secrètement un exercice naval".

En juillet 2008, après plusieurs années d'enquête, les juges quimpérois alors en charge du dossier avaient estimé hautement probable l'hypothèse d'une collision avec un sous-marin nucléaire d'attaque alors que fin 2006, l'enquête administrative de BEA Mer avait, elle, conclu sans réserve à un accident de mer dû à une accumulation d'un certain nombre de facteurs liés à l'"enfouissement ou à la croche du train de pêche dans le sable".

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