• Hubert Marty-Vrayence , ancien directeur départemental des Renseignements Généraux de la Nièvre de décembre 1988 à août 92, il mène une enquête parallèle sur les conditions de la mort de Pierre Bérégovoy, fin 2000-début 2001, à la demande du patron des Renseignements Généraux, Yves Bertrand. L’enquête d’Hubert Marty-Vrayence conclut à l’assassinat. Ce qu’aucun élément matériel ou médico-légal ne confirme.

Hubert Marty-Vrayence

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Bérégovoy 12 (hubert marty-vrayence)

Dans ses Mémoires, « Je ne sais rien, mais je dirai (presque) tout. Conversations avec Eric Branca » (Plon, 2008), l’ancien patron des RG décrit Hubert Marty-Vrayence sous le pseudonyme de George profonde. Il dément avoir donné le moindre crédit à la thèse de l’assassinat de Pierre Bérégovoy.

... « La DCRG [NDR : la direction centrale des Renseignements généraux] ayant considéré que Gorge profonde avait suffisamment macéré dans le bouillon de culture havrais, nous l’avions muté à Nevers. Nous pensions que cette mise au vert lui ferait le plus grand bien. Et le 1er mai 1993, patatras ! Bérégovoy est retrouvé mort dans sa voiture, tué par l’arme de service de son officier de sécurité, oubliée dans la boite à gants de son véhicule. Tout, je dis bien tout, a démontré qu’il s’agissait d’un suicide... ...

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... Mais pour Gorce profonde, la mort d’une personnalité ne saurait s’expliquer pour des raisons ordinaires. Un ancien Premier ministre ne peut pas se suicider. Sa mort est, par nature, suspecte : il a été assassiné ! ....

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... la DCRG et moi-même avons dû « traiter » les notes, plus péremptoires les unes que les autres, de Gorge profonde, redevenu soudain prolixe. L’arme de service de l’officier de sécurité n’avait pas été « oubliée » par hasard ; plusieurs coups avaient été entendus, ce qui excluait bien évidemment un suicide... Et quand on mettait bout à bout ses notes, on en concluait que François Mitterrand lui-même n’était pas étranger à la mort de son dernier Premier ministre socialiste ! Le pire est que l’auteur de ces élucubrations ne faisait pas de la DCRG leur unique destinataire ! Il en communiquait des extraits à la presse locale et à la plupart de ceux qu’il croisait, notables locaux ou simples particuliers rencontrés dans un bistrot... Ce qui au fait qu’au bout de quelques semaines, il n’était pas rare que je trouve dans les couloirs de la place Beauvau, un interlocuteur pour me demander d’un air entendu : « Alors, Bérégovoy, ça avance l’enquête sur son assassinat ? »

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Or, contrairement à l’affaire Cons-Boutboul, à l’occasion de laquelle Gorge profonde mélangeait habilement info et intox, ce que nous recevions de sa part devenait carrément incohérent : pour moi, un glissement fatal était enclenché qui lui faisait franchir la frontière séparant la manipulation de la mythomanie... » ...

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