Les Jeux paralympiques n’échappent pas à la question du dopage et de la tricherie. Plusieurs athlètes, dont un français, ont d'ores et déjà été exclus de leurs délégations respectives pour avoir été contrôlés positifs. Le phénomène touche non seulement les athlètes les moins affectés, mais aussi ceux qui souffrent de handicaps plus lourds. Ils ont développé leurs propres techniques pour stimuler leurs performances. Des techniques qui ne sont pas sans dangers. C’est une réalité qui a été mise au grand jour, entre autres, par un documentaire diffusé il y a quelques jours sur la radio britannique, la BBC. Quand les techniques de dopage classiques ne suffisent plus, les athlètes handisport ont développé d’autres moyens de réaliser de meilleures performances. Au premier rang de ces techniques, le boosting , pratiqué par les athlètes qui souffrent d’affections de la moelle épinière. Il consiste à s’infliger des stimuli artificiels pour augmenter la pression sanguine. Les explications de Laëtitia Bernard :

Se blesser pour être plus performant

Pour “provoquer un stress au niveau de l’organisme”, qui entraînera la hausse de la pression sanguine, peu de solutions : il faut se blesser. Ainsi, des athlètes n’hésiteraient pas à utiliser de petits marteaux pour fissurer leurs os ; d’autres s’infligent des chocs électriques. Le principe : les lésions de la moelle épinière empêchent celle-ci de recevoir un stimulus lors d’un effort violent. Ce qui empêche la tension de s’accentuer. Il faut donc provoquer ce stimulus d’une autre façon .

Même si les contrôles antidopage se multiplient, il n'est pas facile d'identifier les athlètes qui pratiquent le boosting
Même si les contrôles antidopage se multiplient, il n'est pas facile d'identifier les athlètes qui pratiquent le boosting © MAXPPP / Peter Kneffel

L’alpiniste canadien Brad Zdavinsky, quadriplégique, raconte à la BBC : “J’ai essayé plusieurs méthodes. On peut laisser sa vessie se remplir, ne pas aller aux toilettes pendant plusieurs heures, pour provoquer une douleur”. Le Comité paralympique international interdit cette pratique, mais il est très difficile d’évaluer le nombre d’athlètes qui ont recours à ces pratiques. Si 17% des sportifs souffrant d’une lésion de la moelle épinière ont avoué l’avoir déjà fait, le nombre réel pourrait s’élever à 30%. En outre, ces pratiques peuvent être dangereuses : “cela provoque un pic de pression sanguine qui peut faire exploser des vaisseaux sanguins derrière l’oeil, une congestion cérébrale ou un arrêt cardiaque”, affirme Brad Zdavinsky. “Mais il est difficile de nier les résultats”.

Des joueurs exclus pour dopage

D’ores et déjà, deux athlètes ont été exclus des Jeux paralympiques pour dopage : le premier est Hayri Simsek, un nageur de la délégation française. Contrôlé positif en juin, il a été exclu. C’est le premier cas de dopage avéré dans l’équipe de France paralympique depuis la fin des années 90. Le second sportif suspendu est un cycliste italien, contrôlé positif dès son arrivée à Londres.

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