[scald=60255:sdl_editor_representation]par Dina Kyriakidou et Noah Barkin

BERLIN/PARIS/ATHENES (Reuters) - La question du maintien d'Athènes dans la zone euro est désormais posée, alors que s'ouvre à Cannes le sommet du G20 et que les défections se multiplient dans l'entourage du Premier ministre grec, George Papandréou.

Sur une chaîne de télévision allemande, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a déclaré jeudi que, s'il souhaitait que la Grèce conserve l'euro, cela ne pourrait se faire à n'importe quel prix.

"Nous travaillons sur la façon de nous assurer qu'il n'y aura pas de désastre pour la population en Allemagne, au Luxembourg, dans la zone euro. Nous somme absolument préparés à la situation", a-t-il déclaré à la ZDF.

En France, le ministre français des Affaires européennes Jean Leonetti a estimé que la zone euro pouvait "se passer" de la Grèce.

"Parce que c'est 2% du PIB de la zone euro et c'est 4% de sa dette de la zone euro. Donc, on peut les aider, on peut les sauver, on ne peut pas sauver non plus les gens malgré eux", a-t-il souligné.

L'éventualité de voir Athènes renoncer au référendum annoncé par surprise lundi soir semblait rassurer les investisseurs: après avoir ouvert en baisse, les marchés européens sont repassés dans le vert en milieu de matinée.

Mercredi soir, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont sommé la Grèce de mettre en oeuvre l'intégralité du plan européen de règlement de sa dette sous peine d'être privée de toute aide.

Après les avoir rencontrés, George Papandréou a déclaré que le référendum qu'il compte organiser se tiendrait le 4 décembre et que les électeur devraient répondre à la question de savoir si la Grèce veut conserver l'euro.

PAPANDRÉOU DE PLUS EN PLUS CONTESTÉ

La délégation française a qualifié de "grave" l'atmosphère qui a présidé à la réunion avec George Papandréou à Cannes.

Jean Leonetti a évoqué à demi-mot la chute du gouvernement de George Papandréou, qui sollicitera la confiance du Parlement grec vendredi, en affirmant que le plan avait été négocié avec "le chef de gouvernement grec".

Cette éventualité prend corps, alors que le Premier ministre, qui a convoqué jeudi une réunion d'urgence de son cabinet à 11 heures, perd ses appuis les uns après autres.

Si sa décision de convoquer un référendum était encore officiellement soutenue mercredi par l'ensemble de son gouvernement, elle a désormais perdu l'appui du ministre des Finances Evangelos Venizelos.

De source proche du ministère, ce dernier juge cette consultation inopportune.

En Grèce, les appels à George Papandreou se multiplient, jusque dans le Parti socialiste (Pasok), afin qu'il renonce à organiser le référendum. D'autres réclament la tenue d'élections législatives anticipées, voire la démission du Premier ministre et la constitution d'un gouvernement d'unité nationale.

Nicolas Delame pour le service français, avec la contribution d'Emmanuel Jarry, édité par Marc Angrand

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