Vingt ans après la mort de Lady Diana, son fils Harry reprend le flambeau de son engagement contre la prolifération des mines antipersonnel.

La princesse Diana dans un champ de mines sur les hauts plateaux en Angola, en janvier 1997
La princesse Diana dans un champ de mines sur les hauts plateaux en Angola, en janvier 1997 © AFP / ANTONIO COTRIM / LUSA

Après son divorce avec le Prince Charles, la princesse Diana s'est investie dans de nombreuses causes humanitaires. On retient particulièrement son engagement contre les mines antipersonnel. Elle avait marqué les esprits en traversant un champ de mines en Angola et en rendant visites aux victimes de ces mines, en Bosnie ou en Angola.

Son engagement – il a été repris par son fils cadet, Harry – a influencé l'aboutissement du traité d’Ottawa pour l'interdiction des mines antipersonnel. Il a été signé par 122 pays le 3 décembre 1997, quelques mois après le décès de Diana, qui disait :

Même si le monde décidait demain d'interdire ces armes, ce terrible héritage continuera à peser sur les nations pauvres du globe.

Six pays ont refusé d'adhérer à ce traité : la Chine, l’Inde, la Corée du Nord, le Pakistan, la Russie et les États-Unis.

Pour les Etats-Unis notamment, l'engagement d'une personnalité comme Diana, extrêmement populaire au Royaume-Uni et au-delà, est venu mettre dans le débat sur les mines une charge émotive, dommageable pour leurs propres intérêts.

Un rapport des services de renseignements américains en 1997 le déplorait. L'action de Diana leur semblait préjudiciable pour l'alliance entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni sur le sujet. Le gouvernement de Tony Blair a ratifié le traité quelques semaines avant le premier anniversaire de la mort de la Princesse.

Perte de vitesse

Les pays signataires du Traité d'Ottawa
Les pays signataires du Traité d'Ottawa / cs

Pour mémoire, selon les termes du traité, chaque État signataire s'engage à :

• ne jamais employer, mettre au point, produire, acquérir, stocker, conserver ou transférer à quiconque de mines antipersonnel (art.I) ;

• détruire toutes les mines antipersonnel en sa possession au plus tard quatre ans après l'entrée en vigueur de la Convention pour cet État partie (art.IV) ;

• détruire toutes les mines antipersonnel présentes sur des zones de son territoire dans les dix ans après l'entrée en vigueur de la Convention pour cet État partie et après les avoir identifiées et signalées (art.IV).

• fournir et/ou demander assistance auprès des autres États parties pour remplir ses obligations si possible et dans la mesure du possible (art.VI).

• prendre toutes les mesures législatives appropriées pour prévenir et réprimer toute activité interdite à un État partie en vertu de la Convention (art.IX).

Il peut cependant conserver un faible nombre de mines antipersonnel afin de se former aux techniques de détection, déminage et destruction des mines (art.III).

Les résultats de l'application du traité d'Ottawa sont assez décevants ces dernières années. 6 461 personnes auraient été blessées ou tuées par des mines terrestres et d'autres restes explosifs de guerre en 2015. C'est une augmentation de 75% par rapport à 2014 et le total de sinistres déclarés le plus élevé depuis 2006, soit 6 573.

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