[scald=69013:sdl_editor_representation]PARIS/ABIDJAN (Reuters) - Laurent Gbagbo se trouve dans un avion à destination de La Haye, où il sera remis à la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé mardi l'un de ses avocats, Me Lucie Bourthoumieux.

Dans la matinée, le procureur général de Côte d'Ivoire avait notifié à l'ex-président l'existence un mandat d'arrêt émis par la CPI.

Evincé du pouvoir et arrêté en avril, il était jusqu'alors en résidence surveillée à Korhogo, dans le nord de la Côte d'Ivoire.

Son transfert à la Haye intervient à moins de deux semaines des élections législatives du 11 décembre.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a délivré ce mandat d'arrêt international le 23 novembre 2011, précisait pour sa part Toussaint Alain, l'un des conseillers du président déchu, dans un communiqué diffusé quelques heures plus tôt.

"Le gouvernement de M. Alassane Ouattara, ses juges ainsi que des envoyés de la CPI sont actuellement à pied d'oeuvre à Korhogo pour tenter de faire exécuter ce mandat illégal pour transférer le président Gbagbo dans les toutes prochaines heures à la CPI", ajoutait-il.

Dans un communiqué diffusé à Paris, Lucie Bourthoumieux estime que la notification du mandat d'arrêt, "qui fait suite à une détention illégale et arbitraire du président Laurent Gbagbo, va à l'encontre des principes internationaux du droit."

"A un peu plus d'une semaine des élections législatives en Côte d'Ivoire, elle risque d'attiser encore les tensions existantes dans le pays et les exactions dont sont régulièrement victimes les partisans du Front populaire ivoirien (FPI)" de l'ex-président, ajoute-t-elle.

Justin Koné, porte-parole de Laurent Gbagbo interrogé en Côte d'Ivoire, a quant à lui dénoncé "une acte grave" que les Ivoiriens n'accepteront pas.

JUGÉ AUSSI EN CÔTE D'IVOIRE

Le mandat d'arrêt de la CPI "rappelle aux dirigeants ivoiriens que personne ne doit être au-dessus des lois", s'est en revanche félicité Human Rights Watch, qui rappelle en outre que des exactions ont également été commises par le camp d'Alassane Ouattara, successeur de Laurent Gbagbo.

"Les efforts déployés pour traduire en justice ceux qui ont combattu dans les forces fidèles à Ouattara sont également essentiels", ajoute Elise Keppler, conseillère juridique du mouvement de défense des droits de l'homme, dans un communiqué.

En septembre dernier, Alassane Ouattara avait annoncé que Laurent Gbagbo serait jugé par la CPI.

L'ex-chef de l'Etat et son épouse ont été inculpés le 18 août de crimes économiques. Les charges retenues sont "infractions économiques, vol aggravé, pillage, détournement de fonds publics".

"Il sera jugé bien sûr en Côte d'Ivoire pour les crimes économiques dont il a déjà été inculpé, et il sera également jugé par la Cour pénale internationale, à notre demande, pour que le procès soit transparent", avait dit Alassane Ouattara sur TF1.

La CPI a autorisé début octobre l'ouverture d'une enquête sur d'éventuels crimes commis dans les deux camps en Côte d'Ivoire durant la guerre civile ayant suivi l'élection présidentielle de fin 2010.

Selon Luis Moreno-Ocampo, le conflit entre les forces de Laurent Gbagbo et les partisans d'Alassane Ouattara a fait au moins 3.000 morts et 520 personnes ont été détenues de manière arbitraire durant cette période.

La guerre a pris fin en avril avec la capture à Abidjan de Laurent Gbagbo, qui refusait de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, désigné vainqueur du scrutin présidentiel selon des résultats certifiés par les Nations unies.

Gérard Bon, avec Ange Aboa à Abidjan et Mark John à Dakar, édité par Jean-Philippe Lefief

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