[scald=67117:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La "circulaire Guéant" qui restreint, selon ses détracteurs, les possibilités pour les jeunes diplômés étrangers d'exercer leur premier emploi en France, a été mal interprétée dans son application, a déclaré mercredi Laurent Wauquiez.

L'application de cette circulaire du 31 mai dernier, qui a suscité une polémique dans le monde de l'enseignement, n'a pas été "conforme" à la volonté du gouvernement sur la question des étudiants étrangers, a ajouté le ministre de l'Enseignement supérieur, pour qui ce dossier devrait être réglé d'ici la fin de l'année.

"Je pense qu'on a tiré les leçons de ce qui n'avait pas fonctionné", a dit Laurent Wauquiez. "On a eu des difficultés d'application, on les a corrigées."

Soulignant que cette circulaire n'était, d'après lui, qu'un "simple rappel du droit", le ministre, qui s'adressait à un petit groupe de journalistes, a estimé que c'était son interprétation par certains préfets qui avait posé problème.

La circulaire du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui a pour objet la "maîtrise de l'immigration professionnelle", demande aux préfets d'instruire "avec rigueur" les demandes d'autorisation de travail des étudiants.

Elle leur donne notamment comme instruction d'exercer un "contrôle approfondi" des demandes de changement de statut des étudiants étrangers hors Union Européenne.

Selon ses détracteurs, elle restreint fortement les possibilités pour les étudiants étrangers de changer de statut, d'étudiant à employé, et donc d'acquérir une première expérience professionnelle en France.

"CAS PARFOIS ABSURDES"

"Suite à la circulaire (...) on a eu des difficultés d'application avec des cas qui étaient parfois absurdes, comme une Chinoise qui a fait HEC ou un Brésilien qui a fait Polytechnique et auquel, au moment où il allait être intéressant pour nous (...) on a fermé les portes", a dit Laurent Wauquiez.

"Le but est que la France reste accueillante pour nos étudiants étrangers talentueux", a-t-il ajouté, tout en soulignant que les changements de statut devaient prendre en compte la cohérence entre la formation et l'emploi proposé et le marché de l'emploi sur le secteur en question.

Il a précisé que Claude Guéant avait adressé des correctifs aux préfectures et que plus de la moitié des 500 cas transmis au ministère par les grandes écoles et les universités avaient été revus positivement, les cas restants devant être traités d'ici la fin de l'année.

Pour le collectif du 31 mai, créé fin septembre par une centaine d'étudiants pour protester contre la circulaire, ces chiffres sont "faux".

"Sur 530 dossiers, 116 ont été débloqués", a dit à Reuters un de ses porte-parole.

Chine Labbé, édité par Patrick Vignal

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