abou zeïd, un chef d'aqmi, aurait été tué dans le nord du mali
abou zeïd, un chef d'aqmi, aurait été tué dans le nord du mali © reuters

Abou Zeïd aurait été tué lors d'une opération française près de la frontière algérienne, selon plusieurs médias algériens et français. Si cette mort se confirme, ce serait un coup fort porté à l'organisation Al Qaïda au Maghreb islamique.

L'information est d'abord venue de la chaîne de télévision algérienne Ennahar, bientôt donnée également par Le Monde et Le Figaro, avec des sources différentes. Jusqu'ici, le ministère de la défense se refuse encore à tout commentaire. Abou Zeïd, l'un des chefs les plus craints d'Al Qaïda au Magreb islamique (Aqmi) figurerait parmi les 40 combattants islamistes tués lors d'une opération des forces françaises dans le Nord Mali.

D'après Ennahar, bien informée auprès des services de sécurité algériens, il a été tué il y a trois jours par les forces françaises, dans les contreforts du massif de l'Adrar des Ifoghas, près de la frontière algérienne.

Un responsable militaire français, qui n'a pas voulu s'exprimer spécifiquement sur Abou Zeïd, a confirmé qu'une quarantaine d'islamistes avaient été tués lors de violents affrontements dans la région du massif de Tigharghar sur la semaine écoulée.

Explications de Luc Lemonnier.

"Tout compte, y compris l'information"

Du côté du gouvernement, on ne confirme pas pour l'instant la mort d'Abou Zeïd. Interrogée sur le sujet, la porte-parole Najat Vallaud-Belkacem explique : "nos forces sont engagées dans des opérations qui sont extrêmement dures sur le terrain, qui sont des combats sans merci. Tout compte, y compris l'information, je crois qu'il faut être extrêmement prudent avec celles que l'on a, celles que l'on répercute. Pour l'instant ce n'est pas confirmé", ajoute-t-elle.

Dix sites logistiques et de fabrication d'explosifs ont été détruits dans l'opération, ainsi que 16 véhicules, précise-t-on. Quelque 1.200 militaires français, 800 soldats tchadiens et certains éléments de l'armée malienne combattent toujours dans le secteur du sud de Tessalit, ajoute-t-on.

Abou Zeïd, d'origine algérienne, était l'émir des zones sud contrôlées par Aqmi. Ancien trafiquant devenu djihadiste, il était présenté comme l'un des chefs les plus cruels de l'organisation.

Sa mort pourrait déstabiliser l'ensemble de l'orgnsiation islamiste, selon e directeur du centre d'étude et de recherche sur le terrorisme, Yves Bonnet.

On lui attribue l'enlèvement d'une vingtaine d'occidentaux dans le Sahara ces cinq dernières années, qui ont rapporté plusieurs millions de dollars à Aqmi en paiement de rançons.

Responsable de deux exécutions d'otages

On estime qu'il a procédé à deux exécutions, celle du Britannique Edwin Dyer en 2009 et celle en 2010 du Français Michel Germaneau, qui avait 78 ans.

Robert Fowler, un diplomate canadien qui fut otage au Sahara, a raconté comment Abou Zeïd avait refusé de fournir des médicaments à deux otages souffrant de dysenterie, dont l'un avait été piqué par un scorpion.

Après la prise de contrôle du nord du Mali par des groupes d'islamistes en avril 2012, Abou Zeïd avait pris le contrôle de Tombouctou, mettant en oeuvre une forme de charia extrême avec amputations et détruisant des lieux saints soufis.

Des habitants de Tombouctou ayant directement traité avec lui durant l'occupation islamiste de la ville, le décrivent comme un homme de petite taille à la barbe grise et à l'allure calme mais stricte, toujours armé d'une kalachnikov.

Quand il a fui Tombouctou, avant la prise de l'ancien comptoir commercial par les forces françaises et maliennes, il a emmené avec lui plusieurs otages occidentaux les yeux bandés, racontent des habitants.

Né en 1965 dans la région de Debdab dans la province algérienne d'Illizi proche de la frontière libyenne, Abou Zeïd avait rejoint le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) durant la guerre civile des années 1990. Le GSPC est ensuite devenu Aqmi.

Abou Zeïd est réputé pour être sans concessions. Il serait beaucoup plus dur que son compatriote Mokhtar Belmokhtar, cerveau de la prise d'otages massive du mois dernier sur le site gazier d'In Amenas dans le Sahara algérien.

La rivalité entre les deux hommes au sein d'Aqmi expliquerait, selon certains analystes, la décision de Belmokhtar prise l'an dernier de fonder sa propre brigade.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.