Le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg a répété lundi que la Norvège resterait attachée aux valeurs de l'ouverture et de la démocratie, mais il a reconnu que le pays serait à jamais changé par la tragédie du 22 juillet. "Je pense que la Norvège va changer. Il y aura un avant et un après", a-t-il déclaré à la BBC.

Ce drame aura certainement des répercussions politiques et judicaires. Les images de tous ces corps d’adolescents abattus sur l’île d’Utoya vont marquer durablement le royaume.

Pendant 90 interminables minutes, l’homme déguisé en policier a appelé les jeunes à venir à lui, affirmant qu'il voulait les protéger. Puis il a ouvert le feu sur ceux qui s'approchaient, froidement, méthodiquement, achevant les blessés. Il a également tiré sur ceux qui tentaient de s'enfuir à la nage.

Edward et Midium racontent l’horreur qu’ils ont vécue à Yann Gallic

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Jens Stoltenberg : « Chacune des victimes est une tragédie »

L'émotion était à son comble, dimanche, lors de la messe dans la cathédrale d’Oslo à laquelle le couple royal a assisté. Pendant le service religieux, le roi Harald V, les yeux baignés de larmes, ne pouvait pas dissimuler son émotion, pas plus que son épouse, le visage caché derrière un mouchoir.

Dans son hommage, le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg a déclaré que le pays « n'abandonnera jamais ses valeurs". Il a promis que les noms des disparus et leur photo seront bientôt publiés.

Le reportage de Cécilia Arbona.

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Le périmètre de l’hyper centre est toujours bloqué par des barrages. Vendredi le quartier des ministères donnait une impression de zone de guerre : fenêtres soufflées, des morts et des blessés en sang, dans la rie parmi les débris de verre.

Lundi, malgré les graves dégâts au siège du gouvernement et dans les bâtiments, les ministères devraient fonctionner normalement.

Devant la cathédrale d'Oslo, les fleurs et le recueillement
Devant la cathédrale d'Oslo, les fleurs et le recueillement © Reuters /

La Norvège a rendu à nouveau hommage aux victimes lundi

Le pays (ainsi que la Finlande, l'Islande, la Suède et le Danemark) ont respecté une minute de silence à midi. Les trains et tous les transports publics se sont immobilisés. Le Premier ministre Jens Stoltenberg, le roi Harald et la reine Sonja, arrivés sous les applaudissements de la foule sur le parvis de l'université d'Oslo, se sont figés à midi pile, sonné par les cloches des églises.

150 000 personnes, des roses à la main, ont convergé sur le port d'Oslo
150 000 personnes, des roses à la main, ont convergé sur le port d'Oslo © Radio France / Yann Gallic

Et lundi soir, 150 000 personnes tenant une rose à la main se sont rassemblées près du port dans le centre d'Oslo. Une foule tellement compacte que ce qui devait être un cortège est devenu une manifestation statique.

Ovationné par le public, le prince héritier Haakon a déclaré « Ce soir, les rues sont remplies d'amour ». Le Premier ministre Jens Stoltenberg a lancé « Le mal peut tuer une personne, mais il ne peut tuer un peuple ». La foule s'est dispersée après avoir chanté l'hymne national norvégien.

Ce rassemblement est très probablement le plus grand qu'ait connu le pays depuis la Seconde Guerre mondiale.

__ Le rassemblent, lancé sur le réseau social Facebook, a été également suivi dans plusieurs autres villes du pays.

Reportage à Oslo de Yann Gallic

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Comme cela avait été promis par le Premier ministre, les noms, âge et lieux de résidence des victimes de Breivik vont être communiqués au fur et à mesure qu’ils sont formellement identifiés.

La police norvégienne a commencé mardi la publication des noms sur son site www.politi.no et rendra publics d'autres noms chaque soir à 18h00.

Une semaine après la double attaque du 22 juillet la Norvège est toujours sous le choc

Tous les drapeaux sont en berne et de nombreuses commémorations sont prévues aujourd’hui vendredi, en l'honneur des 76 victimes. Notamment, un hommage à la mi-journée à la "Maison du Peuple" dans le centre d'Oslo, puis dans une mosquée.

Le premier enterrement a également lieu aujourd’hui. C’est celui d’une jeune fille de 18 ans, membre actif du mouvement de jeunesse du Parti travailliste. Sa famille d’origine Kurde avait fui les violences en Irak en 1996. Pour sa mère « la réponse ne doit pas être la haine, mais encore plus d'amour ».

C’est ce même message d’ouverture et de tolérance que le premier ministre Jens Stoltenberg délivre depuis une semaine, et qu’on retrouve via les milliers de roses, bougie et messages qui jonchent la ville.

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