théâtre musical / création 1ère mondiale

du 27 au 30 janv, du 9 au 13 fév (relâche le 12 février) à 20h30, à 15h30 le dimanche

• Salle Oleg Efremov en français et en allemand surtitré en français

Les mises en scène de David Marton renvoient à la musicalité de l’Homme. Dans la forme si particulière de théâtre musical qui est la sienne, musique et opéra ne se contentent pas de constituer la toile de fond du théâtre.

La musique ne sert pas à créer des ambiances de scènes ni à illustrer les sentiments intimes allant avec. Et le public ne se limite pas à admirer les morceaux de bravoure des virtuoses. David Marton abolit les conventions et les hiérarchies qui régissent le champ musical en accordant un même intérêt aux styles musicaux et aux formes chantées les plus diverses. Sur la scène se rencontrent des musiciens de grand professionnalisme et des comédiens aux talents multiples, cherchant ensemble le lien entre la musique et la langue.

De ce point de vue, porter son choix sur le Clavier bien tempéré a valeur de programme. Ici aussi, pour David Marton, le déclencheur a été la musique d’abord. Et ce n’est, cette fois, pas de l’opéra mais de la structure de cette œuvre fondamentale que sera développé le propos théâtral. Bach développe dans les deux tomes du Clavier toutes les potentialités qu’offre la tonalité tempérée inventée peu de temps auparavant, ce découpage à la précision quasi mathématique de l’octave en intervalles égaux. Pour David Marton, une grande variété de thèmes naît de l’organisation systématique des préludes et des fugues, de cet entrelacement de mouvements entre ces deux formes musicales, des compositions polymélodiques de Bach.

Le clavier bien trempé
Le clavier bien trempé © Thomas Aurin

Et, entre autres, la question de savoir quels agencements caractérisent aujourd’hui une société à la polyphonie souvent contradictoire, entre la prétention de l’individu à l’originalité et l’organisation normative du groupe.

David Marton a découvert La Mélancolie de la résistance, roman du grand écrivain hongrois László Krasznahorkai, un peu par hasard. Évoquant tous les symptômes d’un écroulement apocalyptique, Krasznahorkai décrit le panorama grotesque d’une petite ville, dans laquelle un étrange cirque a pris ses quartiers et attise la révolte collective. Entre décomposition, résistance, contraintes du groupe et jeux de pouvoir, des figures bizarres errent en quête d’une totalité harmonieuse qui finit par se perdre en particules insaisissables.

David Marton et sa formidable troupe de musiciens et de comédiens donneront forme, sur la scène, à cette parabole du déclin et de l’immobilité, du pouvoir et de l’impuissance dans une société . En partenariat avec la Schaubühne de Berlin (une co-création), un travail de mise en scène qui dépasse délibérément les frontières et ouvre de nouvelles perspectives entre littérature et musique au théâtre notamment.

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