Le Conseil d'Etat
Le Conseil d'Etat © CC Lino Bento

Le Conseil d'Etat a décidé jeudi de soumettre à l'appréciation d'une formation collégiale le sort de Vincent Lambert, ce patient tétraplégique en état de conscience minimale dont le maintien en vie est au coeur d'un conflit familial.

Face au caractère exceptionnel de l'affaire, la plus haute juridiction administrative française estime qu'un juge unique ne peut pas trancher :

L'ampleur et la difficulté des questions juridiques, déontologiques, scientifiques, éthiques et humaines qui se posent pour la première fois à l'occasion de l'examen de la situation de M. Vincent Lambert

Le Conseil d'Etat a décidé de recourir à une formation solennelle de jugement, procédure rare pour "les affaires qui présentent une importance remarquable". La formation collégiale se réunira en audience publique dans le courant de la semaine du 10 février.

Les implications de la future décision, dernier acte de procédure dans ce dossier sans précédent, sont telles que le Conseil d'Etat entend s'entourer de tous les garde-fous juridiques.

L'épouse de Vincent Lambert, qui est dans un état "pauci-relationnel" depuis un accident de la route en 2008, l'un des neveux du patient et le CHU de Reims ont saisi le Conseil d'Etat afin de statuer en dernier recours sur le sort du trentenaire, qu'ils refusent de maintenir en vie à tout prix.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) avait suspendu le 16 janvier la décision de l'équipe médicale - en accord avec Rachel Lambert - d'une euthanasie passive à laquelle s'oppose une autre partie de la famille : les parents, un demi-frère et une soeur de Vincent Lambert.

Le Conseil d'Etat a entendu "la vérité" de chacun des membres de la famille de Vincent Lambert et des médecins

Pour les parents de Vincent Lambert, leurs fils est "handicapé" et non atteint d'un mal incurable. A l'inverse, son épouse Rachel Lambert, infirmière comme Vincents, soutenue notamment par la soeur de son époux et un neveu, affirme que Vincent Lambert ne voulait "pas de vie diminuée, pas de handicap". "J'aurais aimé que ma vie privée ne soit pas violée", a-t-elle lancé, qu'au lieu de "l'affaire Lambert" on parle "d'un homme".

Le récit de Danielle Messager

François Hollande s'est engagé à un projet de loi, sans prononcer les termes d'euthanasie et de suicide assisté.

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