[scald=65191:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La Cour des comptes a annoncé jeudi avoir saisi la Cour de discipline budgétaire du dossier du désamiantage du campus universitaire parisien de Jussieu, dont elle dénonce "le bilan financier accablant".

Le coût final de l'opération est estimé aujourd'hui à 1.850 millions d'euros, soit dix fois plus que l'estimation initiale de 183 millions. Lancée en 1996, le désamiantage devait être achevé en trois ans mais ne sera pas achevé avant 2015.

"L'ensemble des dysfonctionnements a entraîné une dérive continue des délais et des coûts, qui conduisent à un bilan désastreux de cette opération", a dit le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, en présentant le rapport.

"A de nombreux égards, la réhabilitation de Jussieu constitue un cas d'école d'opérations mal conduites, coûteuses et retardées", a-t-il ajouté, et doit permettre d'éviter des conséquences semblables pour les nouvelles opérations d'envergure comme le "plan Campus" de 5,5 milliards d'euros et l'aménagement du plateau de Saclay pour un milliard d'euros.

Devant l'ampleur des défaillances, la Cour des comptes a décidé de saisir la Cour de discipline budgétaire et financière de certains des faits constatés, a poursuivi Didier Migaud.

Sur les 1.850 millions d'euros de coût final estimé, le désamiantage ne représente que 9%, précise la Cour. L'essentiel du budget est constitué des opérations de constructions/réhabilitation des bâtiments (58%) et des coûts liés aux relogements (33%).

Selon le rapport, "l'opération de désamiantage a été lancée dans l'urgence, en négligeant les phases de préparation: les études et diagnostics préalables ont été très insuffisants, les alternatives à la réhabilitation, en particulier l'option de démolition/reconstruction n'ont pas été sérieusement étudiées, l'enveloppe financière prévisionnelle a été largement sous-évaluée".

"La cause majeure de ces dérives tient à l'absence d'un pilote de l'opération disposant de tous les leviers nécessaires à l'exercice de sa responsabilité pour assurer la maîtrise des coûts comme des délais."

Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal

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