C'était le moment fort de cet entre-deux tours. Le traditionnel débat télévisé opposant les deux candidats.

Préparé minutieusement, attendu de part et d'autres, le rendez-vous a donné lieu à une sévère empoignade. Le round d'observation n'aura pas duré longtemps. Dès les premiers échanges, le débat, suivi par près de dix-huit millions de téléspectateurs, a été à l'image de la campagne : tendu, accroché et parfois virulent.

Souvent techniques, ponctuées de batailles de chiffres et parsemées d'escarmouches, ces deux heures cinquante n'ont presque jamais laissé de place aux temps mort. Avec un Nicolas Sarkozy cherchant le KO pour rattraper son retard dans les sondages et un François Hollande à la volonté affichée d'afficher sa stature présidentielle et d'effacer son image de "mou", le duel a été âpre, marqué par la pugnacité des deux acteurs se rendant coup pour coup.

Extrait du débat : François Hollande dénonce une présidence partisane, Nicolas Sarkozy lui réplique

Un mot au coeur de ce débat : "le mensonge". Nicolas Sarkozy en a fait un argument régulier, pointant les ambiguïtés du programme de son rival et le flou de ses propositions. Pour le candidat socialiste, la stratégie était claire : confronter en permanence le chef de l'état au bilan de son quinquennat, le renvoyer à ses responsabilités.

Un extrait symbolique du face-à-face

Des précédents duels télévisés de l'entre-deux tours, on a gardé des formules passées à la postérité. Du "monopole du coeur" à "l'homme du passif" en passant par la pique assassine de François Mitterrand renvoyant Jacques Chirac à ses études en 1988 ("mais bien entendu Monsieur le Premier Ministre..."), chaque débat ou presque a donné lieux à quelques échanges restées dans les mémoires. A l'évidence, c'est la tirade de François Hollande qui semble cette fois devoir ressortir des archives. Maniant l'anaphore, le candidat socialiste s'est lancé pendant près de trois minutes à une démonstration de son style de présidence, dressant en creux un réquisitoire acerbe du bilan de son opposant.

"Moi, Président de la République...", la tirade de François Hollande

Si le débat de l'entre-deux tours apparaît comme un moment de vérité très attendu, son effet sur l'électorat reste difficile à mesurer, et l'histoire montre qu'il ne change finalement que très rarement les positions des électeurs. A l'issue du combat, chaque camp considère donc sans surprises que "son champion" est sorti vainqueur du duel.

Au QG de l'UMP, militants et responsables de la majorité sont satisfaits. Reportage de Nasser Madji

Vu du PS, l'analyse est différente...Reportage de Marion Lagardère

Si les deux camps estiment avoir emporter la bataille, l'enjeu de ce débat résidait aussi dans la capacité à convaincre les électeurs de Marine Le Pen et de François Bayrou. Un objectif capital pour Nicolas Sarkozy qui s'est directement adressé à eux dans sa conclusion.

Nicolas Sarkozy parle à tous les électeurs

En cherchant à coincer son adversaire sur les questions d'immigration, Nicolas Sarkozy voulait marquer des points chez les électeurs frontistes. Aucun des deux prétendants ne semblent pourtant avoir réellement séduit les partisans de Marine Le Pen, la candidate du Front National qui la veille avait renvoyé les deux candidats dos à dos, annonçant son intention de voter blanc au second tour.

Olivier Martocq a suivi le débat avec des militants FN à Marseille

A la sortie du duel, les deux candidats ont livré leur réaction sur cet affrontement de près de trois heures. Satisfait d'avoir pu se mesurer à son adversaire devant les français, François Hollande a estimé que les électeurs "savent désormais de quoi je peux être capable ". Pointant la "personnalité agressive " du candidat socialiste, le président-candidat s'est félicité pour sa part de la teneur du débat, rappelant que les électeurs se trouvent face à un choix "historique ".

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