[scald=67519:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La mort, lundi à Marseille, d'une ancienne porteuse de prothèses mammaires défectueuses suscite un débat sur l'éventuel lien entre son cancer des ganglions et ses implants, un modèle retiré du marché en mars 2010.

L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), qui a récemment mené des analyses sur le gel de silicone de ces implants mammaires, rappelle que celles-ci ont conclu à des "effets urticants et inflammatoires" mais ont exclu des effets génotoxiques et donc cancérigènes.

"Ce décès ne remet pas en cause les analyses conduites il y a quelques mois", a dit jeudi à Reuters une responsable de la communication à l'Afssaps.

Ces implants, fabriqués par l'entreprise du Var Poly Implant Prothèse (PIP), avaient été retirés du marché en mars 2010 en raison de la non-conformité avec les règles médicales en vigueur du gel utilisé.

Jean-Claude Ghislain, directeur de l'évaluation des dispositifs médicaux pour l'Afssaps, précise qu'il s'agit du seul cas de lymphome porté à sa connaissance. Il ajoute que l'agence collectera des informations sur ce décès afin d'évaluer s'il est nécessaire ou non d'engager des études supplémentaires.

L'association des porteuses de prothèses PIP demande que de nouvelles expertises sur la toxicité de ce gel soient effectuées par des médecins externes à l'Afssaps, et la mise en place d'un fonds d'urgence étatique pour le retrait des prothèses sur les femmes porteuses.

"C'est une bombe à retardement que les victimes ont en elles. Il faut intervenir au plus tôt pour la retirer", a dit à Reuters l'avocat de l'association, Philippe Courtois.

Edwige Ligoneche est décédée lundi d'un lymphome à l'Institut Paoli Calmette de Marseille. L'association qui regroupe les victimes des prothèses de PIP établit un lien direct entre son décès et la rupture de ses prothèses.

PLAINTE POUR HOMICIDE INVOLONTAIRE

Selon Philippe Courtois, une plainte récemment déposée par l'association pour "blessures involontaires et tromperie aggravée" doit être requalifiée en "homicide involontaire" et déposée vendredi chez le procureur de la République de Marseille.

De source judiciaire, on indique que le parquet de Marseille pourrait rapidement ouvrir une information judiciaire pour la même qualification.

Suite à une augmentation du nombre de ruptures de prothèses mammaires PIP, l'Afssaps a mené une inspection dans les locaux de cette société en mars 2010.

Celle-ci a mis en évidence l'utilisation d'un gel de silicone non médical, poussant l'Afssaps à demander le retrait des implants mammaires pré-remplis de gel de silicone fabriqués par cette compagnie, ainsi que la suspension de leur mise sur le marché, distribution, exportation et utilisation.

L'agence a recommandé aux femmes porteuses de ces prothèses de consulter leur chirurgien et adressé un courrier à l'ensemble des praticiens concernés.

Le parquet de Marseille a ouvert en mars 2010 une enquête préliminaire pour "faux et usage de faux, publicité mensongère et tromperie sur les qualités substantielles d'un produit, mise en danger de la vie d'autrui".

Quelques jours plus tard, l'entreprise PIP a été mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Toulon. L'ex-numéro trois mondial du secteur était en proie depuis plusieurs mois à des difficultés financières et accusait un déficit de 9 millions d'euros au moment de sa liquidation.

Environ 30.000 femmes portent des prothèses PIP en France, soit 6 % des femmes porteuses d'implants mammaires en silicone dans le pays, d'après l'Afssaps.

Chine Labbé, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille; édité par Gérard Bon

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