[scald=223435:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'engagement de campagne de François Hollande d'abroger le délit de racolage passif sera tenu et inclus dans une proposition de loi globale sur la prostitution et la traite, affirme samedi Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, dans Le Parisien.

Alors que ce texte controversé a dix ans, la porte-parole du gouvernement assure que la nouvelle loi sera élaborée d'ici l'automne.

"Cet engagement sera tenu. Pour une raison simple: l'instauration du délit de racolage passif a fait des personnes prostituées des coupables, quand 90% d'entre elles sont des victimes de la traite des êtres humains", dit-elle.

"Pour échapper aux forces de l'ordre, elles se sont éloignées des centres-villes et des structures d'accompagnement, se retrouvant plus exposées aux violences", ajoute-t-elle.

Najat Vallaud-Belkacem souligne toutefois qu'abroger ce délit "ne signifie pas l'impunité des proxénètes, au contraire", car la plus grande fermeté est mise en oeuvre contre les réseaux.

Le projet gouvernemental tardant à venir, le Syndicat des travailleurs du sexe (Strass), qui dit regrouper des prostituées "indépendantes", a appelé à une manifestation ce samedi à Paris, place Pigalle, pour demander la disparition effective de ce texte.

"Les effets catastrophiques et contre-productifs de cette mesure ont été annoncés en amont, puis constatés et constamment dénoncés depuis sa mise en oeuvre", écrit-il dans un communiqué.

"Loin de garantir la lutte contre le travail forcé, la servitude, l'esclavage et la traite à ces fins et, au fond, de protéger les personnes, ces dernières doivent faire face à un arbitraire policier qu'elles subissent quotidiennement", ajoute le Strass.

Pour faire pression sur le gouvernement, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a réinscrit de son côté une proposition de loi abrogeant le délit de racolage passif. Elle doit être examinée le 28 mars par le Sénat.

Le 18 mars 2003, la Loi de sécurité intérieure a institué le délit de racolage passif, pénalisant "le fait par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d'autrui en vue de l'inciter à des relations sexuelles en échange d'une rémunération".

Tout contrevenant est passible de deux mois d'emprisonnement et de 3.750 euros d'amende.

Gérard Bon, édité par Henri-Pierre André

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