Quand la ministre de la justice "clôt" le dossier Boulin… avant même son Procureur général

Pourquoi ne pas procéder à ces tests ADN pour tenter de trancher le débat sur ces écrits posthumes sujets à caution ? Cela ne pourrait en aucun cas être pertinent, estime, pour sa part, le Procureur général Faletti :

« On voit donc mal en quoi une analyse ADN, notamment de la colle des timbres, pourrait remettre en cause » [les conclusions des experts], écrit ainsi le Procureur général de la Cour d’appel de Paris, « les timbres ayant été manipulés par un nombre invérifiable de personnes avant leur utilisation (agents des postes, fonctionnaires les ayant réceptionnés au ministère, secrétaire les ayant remis au ministre, éponge ayant pu servir au ministre pour les humecter, etc…) ; à cet égard, la présence éventuelle de l’ADN d’un tiers derrière ces timbres ne permettrait de tirer aucune conclusion nouvelle de nature à remettre en cause leur utilisation par le défunt ; à l’inverse, la présence de l’ADN du seul Robert Boulin n’apporterait aucun élément décisif, ce dernier ayant pu, si on suit le raisonnement de sa famille, être contraint de coller lui-même les timbres sur ordre des personnes qui l’auraient ensuite assassiné. »

> Voir la réponse écrite du Procureur général près la Cour d’appel de Paris

Signe que le dossier Boulin est suivi de très près par le pouvoir politique et les rangs de l'ex-« famille gaulliste » : une semaine avant la décision du Procureur général de ne pas rouvrir le dossier, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie (actuelle ministre des affaires étrangères), avait, d’autorité, déjà tranché :« Le dossier Boulin est clos.En l’absence d’éléments nouveaux, je m’en tiens aux décisions qui ont été prises » , avait déclaré Michèle Alliot-Marie à la presse, à l’occasion d’une visite au Tribunal de grande instance de Libourne.

Libourne, la ville dont Robert Boulin a été le maire constamment réélu de 1958 jusqu’à sa mort.

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