Le député sortant UMP Jean-François Mancel a remporté dimanche une courte victoire sur son adversaire du Front national dans la 2e circonscription de l'Oise, lors d'une élection législative partielle dont la candidate PS avait été sortie au premier tour.

Les précisions de Stéphane Leneuf

La droite a aussitôt imputé cette percée du FN à la politique du gouvernement de gauche de François Hollande et Jean-Marc Ayrault et à un mauvais report des voix socialistes. Selon les résultats définitifs, Jean-François Mancel, dont l'élection avait été invalidée l'an dernier, a rallié 51,41% des suffrages et n'a devancé Florence Italiani (48,59%) que de 768 voix. La participation n'a été que de 35,3%. Après l'annonce des résultats, Jean-François Mancel a déclaré :

C'est une victoire à l'arraché (...) Je la prends avec beaucoup de gravité parce qu'elle montre aussi la situation de tant et tant de ménages français (...) qui aujourd'hui souffrent de la situation qui leur est infligée par dix mois de politique socialiste, par dix mois de François Hollande.

Jean-François Mancel

Il était arrivé en tête au premier tour avec 40,61% des suffrages exprimés. La candidate d'extrême droite avait obtenu 26,58% des voix et la socialiste Sylvie Houssin 21,37%, avec moins de 12,5% des inscrits, ce qui ne lui a pas permis de se maintenir pour le second tour.

La présidente du FN, Marine Le Pen, a salué un "résultat historique" de la candidate de son parti :

C'est une grande accélération de la dynamique du Front national et un magnifique signal d'espérance.

L'ancien Premier ministre UMP François Fillon a admis que cette élection marquait une "poussée forte" du FN. Cette élection est "un revers très sérieux pour le gouvernement et la majorité de François Hollande et symbolise la vague de défiance des Français qui monte partout dans le pays", a-t-il déclaré dans un communiqué.

La crainte des premiers remous d'une vague bleu marine

Jean-François Mancel
Jean-François Mancel © PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD / JULIEN BARBARE

Le président de l'Union des démocrates indépendants (UDI, centriste), Jean-Louis Borloo, a pour sa part estimé que des électeurs de gauche "désemparés" s'étaient "reportés massivement sur le Front national".

L'ancien ministre de l'Ecologie annonce dans un communiqué son intention d'écrire au chef de l'Etat, qui doit s'exprimer jeudi à la télévision, "afin qu'il donne des réponses concrètes aux questions que les Français se posent".

Pour la sénatrice-maire UMP de Beauvais, Caroline Joyeux, le résultat de cette élection montre "que les électeurs de gauche sont inquiets et dans le doute" et qu'ils sont "nombreux à avoir porté leurs suffrages sur la candidate du Front national".

"Ce soir, la gauche s'est brûlé les ailes avec le Front national", ajoute cette élue. A gauche, le socialiste Jean-Christophe Cambadélis parle de "coup de tonnerre" :

Les élections de l'Oise sont un laboratoire grandeur nature de ce qui mature, voire fermente réellement, dans notre pays. Ceci aura des conséquences aux élections municipales, européennes et régionales

Le secrétaire national du Parti de gauche, Alexis Corbière, a pour sa part qualifié d'"affligeant" ce scrutin dans lequel il voit le symptôme d'un "pourrissement du climat politique".

"Les affaires judiciaires touchant aussi bien le PS que l'UMP cette semaine n'ont fait qu'amplifier le dégoût de nos concitoyens", déclare-t-il dans un communiqué - une allusion à la mise en examen de l'ancien président Nicolas Sarkozy pour "abus de faiblesse" et à la démission du ministre du Budget Jérôme Cahuzac après l'ouverture d'une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale.

"Ce résultat catastrophique est la conséquence directe de la détestable politique actuelle du gouvernement", ajoute-t-il. "C'est la faute de la rigueur et de l'austérité."

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